La petite histoire

Sosa 59 · Génération VI · Les quadrisaïeuls · Branche Defleur

Sélestine Antoinette Félicité Melot

1806 – 1851

aussi écrite Mélot (1851 et 1869), Célestine (sa signature « C. A. Melot » en 1840, et la table décennale 1803-1813), Catherine Félicité Antoinette (1844 et 1919)

Vérifié sur document

Née à Sommière le 26 janvier 1806 à trois heures du matin, déclarée le jour même par son père, qui signe ; fille de Pierre Joseph Melot, journalier puis cultivateur, et de Marie Joseph Suray, cabaretière, tous deux morts avant 1840. Elle est la dernière de leurs sept enfants, tous nés à Sommière : Pierre Joseph (1793), Marie Anne (1795), « Marie Rose Joseph » (1796), Thérèse Rosalie (1798), Jean Joseph (1801, mort le lendemain), Joséphine (1804) et elle (-). Cabaretière à Sommière, elle épouse à trente-quatre ans, le 27 avril 1840, Jacques Joseph Collard, journalier de Falmagne ; elle signe l’acte, lui non. Elle tient cabaret avec lui en 1846 et meurt à Sommière le 6 mai 1851 à six heures du matin, à quarante-cinq ans, quatre semaines après la naissance de son dernier-né, Ernest Joseph, né le 8 avril, qui meurt une semaine après elle. Les actes de ses enfants la nomment souvent « Antoinette Félicité », sans son premier prénom — et deux d’entre eux, à septante-cinq ans d’intervalle, lui donnent « Catherine » à sa place : la naissance de sa fille Rosalie Antoinette en 1844, déclarée par le père de son vivant, et le décès de cette même fille en 1919. ⇒ ce n’est pas une confusion isolée avec sa belle-fille Catherine Melot, mais une forme réellement portée. Elle ne détrône pas Sélestine, que donnent ses trois actes à elle. Ses six enfants : Rosalie Antoinette, née en 1841 et morte à dix-huit mois, Ambroise Joseph Léon, en 1842, une seconde Rosalie Antoinette, en 1844, Joséphine, en 1846, Marie, en 1848, et Ernest, en 1851.

Naissance26 janvier 1806, Sommière
Décès6 mai 1851, Sommière
ProfessionCabaretière
RésidenceSommière
UnionJacques Joseph Collard — mariés le 27 avril 1840, Sommière
Sa parenté proche · voir dans l’arbre
Pierre JosephMelot1768 – 1839Marie JosephSuray1768 – 1837
Sélestine Antoinette FélicitéMelot1806 – 1851Jacques JosephCollard1808 – 1884

Les pièces

Les documents d’archives rassemblés pour cette personne — cliquer pour ouvrir l’image en pleine taille.

Acte de naissance, Sommière, 26 janvier 1806
Acte de naissance, Sommière, 26 janvier 18061806-01-26_acte-naissance.jpg
Acte de décès n° 6, Sommière, 6 mai 1851
Acte de décès n° 6, Sommière, 6 mai 18511851-05-06_acte-deces.jpg

Ce que les actes racontent

La cabaretière qui signait

Sélestine Melot est née à Sommière le 26 janvier 1806, à trois heures du matin, sous l’Empire — le formulaire disait encore « l’an XIV », le maire l’a barré. Son père Pierre Joseph, journalier, vient la déclarer et signe l’acte, ce qui n’est pas rien dans un village où presque personne n’écrit ; en 1801, il ne le savait pas encore. Sa mère, Marie Joseph Suray, tient cabaret. Sélestine est la dernière de sept enfants, nés en treize ans : Pierre Joseph, l’aîné, deviendra instituteur ; un petit Jean Joseph n’a vécu qu’un jour, en 1801. Elle les perd tous deux avant ses trente-quatre ans, en 1837 et 1839. Le 27 avril 1840, elle épouse Jacques Joseph Collard, un journalier de Falmagne plus jeune qu’elle de deux ans. Au bas de l’acte, entre les signatures de son oncle et de ses beaux-frères, il y a la sienne — « C. A. Melot » — et pas celle de son mari, qui ne sait pas écrire. Dans cet arbre, avant 1850, elle est la première femme à signer. Elle signe d’un C, là où les greffiers, de sa naissance à sa mort, écrivent son prénom avec un S : on l’appelait « Célestine », l’état civil l’a toujours écrite Sélestine. Son acte de naissance, sur un formulaire de l’an XIV corrigé à la main :

Du vingt-sixième jour du mois de janvier l’an 1806 (« l’an XIV » barré), à trois heures du matin. Acte de naissance de Selestine Antoinette Félicité, née le vingt-six à trois heures du matin, fille de Pierre Joseph Melot, journalier, et de Marie Josephe Suray. Le sexe de l’enfant a été reconnu être féminin. Premier témoin Isidore Gilles, âgé de vingt-trois ans, profession de cultivateur, domicilié à Sommière. Second témoin Pierre Joseph Suray, âgé de vingt-deux ans, profession de charron, domicilié à Sommière. Sur la réquisition à nous faite par Pierre Joseph Melot, père de l’enfant, et ont, après lecture faite, signé. P. J. Suray · P. J. Melot · J. D. Gilles. Constaté suivant la loi par moi Richard Joseph Baudart, maire de la commune de Sommière, faisant les fonctions d’officier public de l’état civil.

Le cabaret reste le sien. En 1846, à la naissance de Joséphine, les deux époux sont « cabaretier » et « cabaretière ». Elle a alors quarante ans.

Elle meurt le 6 mai 1851, à six heures du matin, à quarante-cinq ans. L’acte ne dit pas de quoi ; le registre le laisse deviner. Une semaine plus tard, le 13 mai, son mari vient déclarer la mort d’Ernest Joseph, leur dernier-né, le sixième, venu au monde le 8 avril. Son acte de décès :

Du sixième jour du mois de mai mil huit cent cinquante et un, à deux heures de relevée. Acte de décès de Selestine Antoinette Félicité Mélot, épouse Jacques Joseph Collard, décédée le même jour à six heures du matin, profession de cabaretière, âgée de quarante-six ans, née à Sommière, demeurant à Sommière, fille de feu Pierre Joseph Mélot, décédé, profession de cultivateur, domicilié en dernier lieu à Sommière, et de feue Marie Joseph Suray, décédée, profession de cabaretière, domiciliée en dernier lieu à Sommière. Sur la déclaration faite par François Joseph Pirson, âgé de quarante-quatre ans, demeurant à Sommière, profession de cultivateur, qui a dit être beau-frère de la défunte, et par Lambert Bauguié (?), âgé de quarante-cinq ans, demeurant à Haut-le-Wastia, profession de cultivateur, qui a dit être ami de la défunte. Constaté suivant la loi par moi Pierre Joseph Pirson, bourgmestre, faisant les fonctions d’officier public de l’état civil de la commune de Sommière, et après lecture faite aux déclarants, ont signé avec moi. F. J. Pirson · L. Bauguié · P. J. Pirson.

Joséphine avait cinq ans. Dix-huit ans plus tard, au bas de son propre acte de mariage, elle signera — comme sa mère.

Sources