La petite histoire

Sosa 13 · Génération IV · Les bisaïeuls · Branche Warnant

Marie Elise Beaupière

1858 – 1923/1940

Vérifié sur document

Née à Lesve le 31 décembre 1858 à midi, déclarée le lendemain à six heures du soir par son père, qui signe : c’est le deuxième acte du registre de l’année. Sans profession à son mariage, en 1881, où elle signe « Elise Beaupière » ; ménagère à Bois-de-Villers en 1892. Son acte de naissance, l’acte de 1892 et les tables décennales de Lesve écrivent Beaupère ; l’acte de 1881 seul écrit Beaupière. Elle survit à son mari : l’acte de décès de celui-ci, le 9 mai 1918, le dit « époux de Beaupère Élise » là où il dit « feu » et « feue » de ses propres parents. Son fils Joseph, qui déclare, n’aurait pas dit autrement de sa mère si elle était morte. On la retrouve vivante vingt-six mois plus tard, et cette fois elle agit : le 14 juillet 1920, sa fille Angèle se marie à Bois-de-Villers, et le père étant mort, c’est elle qui vient consentir devant le bourgmestre — et attester elle-même le décès de son mari. L’acte la dit ménagère, domiciliée à Bois-de-Villers : elle n’avait donc pas suivi un de ses enfants ailleurs, comme on l’avait supposé, elle était restée au village. Elle ne signe pas l’acte : son consentement est une pièce annexée, reçue à part. Trois ans plus tard, le même geste : le 23 juillet 1923, devant l’officier de Bois-de-Villers, « Marie Elise Beaupère veuve Victor Joseph Warnant » consent au mariage de son fils Célestin et atteste la mort de son mari ; l’acte de ce mariage, célébré à Lesve le 3 août, la dit ménagère à Bois-de-Villers. Elle a soixante-quatre ans. Elle n’est pas à Lesve ce jour-là et ne signe pas. Les tables décennales 1911-1920 de Bois-de-Villers et de Lesve ayant été lues aux lettres B et W sans la trouver, et la voici vivante en 1923, elle meurt après le 23 juillet 1923. Et avant le 2 avril 1940 : ce jour-là, l’acte de décès de son fils Camille la dit « feue Marie Elise Beaupère », domiciliée en dernier lieu à Bois-de-Villers. Les tables de Bois-de-Villers 1921-1930 et 1931-1940, qui ne sont pas en ligne, doivent la porter.

Naissance31 décembre 1858, Lesve
Décèsentre 1923 et 1940
ProfessionMénagère
RésidenceBois-de-Villers
UnionVictor Joseph Warnant — mariés le 3 mai 1881, Lesve
Sa parenté proche · voir dans l’arbre
Félix JosephBeaupère1826 – 1906SéraphineColart1830 – 1894
Marie EliseBeaupière1858 – 1923/1940Victor JosephWarnant1856 – 1918

Les pièces

Les documents d’archives rassemblés pour cette personne — cliquer pour ouvrir l’image en pleine taille.

Son acte de naissance — Lesve, 1ᵉʳ janvier 1859, acte n° 2
Son acte de naissance — Lesve, 1ᵉʳ janvier 1859, acte n° 21859-01-01_acte-naissance.jpg

Ce que les actes racontent

La mariée du 3 mai

Marie Élise Beaupère naît à Lesve le 31 décembre 1858, à midi — au dernier jour de l’année. Son père vient la déclarer le lendemain à six heures du soir, le 1ᵉʳ janvier 1859 : c’est le deuxième acte du registre de l’année nouvelle, sur une page dont l’encre est encore fraîche. Félix Beaupère, cultivateur, amène avec lui deux témoins du village, le charron Ambroise Coune et le secrétaire communal Alexandre Claude, et il signe — félix beaupère, en minuscules appliquées. L’acte, sur le formulaire imprimé de la commune :

N° 2. Du premier jour du mois de janvier mil huit cent cinquante-neuf, à six heures du soir. — ACTE DE NAISSANCE de Marie Élise BEAUPÈRE, née à Lesve le trente et un décembre dernier à douze heures de relevée, fille de Félix BEAUPÈRE, profession de cultivateur, demeurant à Lesve, province de Namur, et de Séraphine COLARD, profession de ménagère, demeurant à Lesve. Le sexe de l’enfant qui a été présenté a été reconnu être féminin. Premier témoin Ambroise COUNE, âgé de quarante-trois ans, profession de charron, domicilié à Lesve. Second témoin Alexandre Joseph CLAUDE, âgé de quarante ans, profession de secrétaire communal, domicilié à Lesve. Sur la déclaration faite par ledit Félix Beaupère. Constaté suivant la loi par moi Athanase WYSEUR, échevin délégué, faisant les fonctions d’officier public de l’état civil de la commune de Lesve ; et après lecture faite aux témoins et déclarant, ils ont signé avec moi. Signé : A. Claude · Coune · félix beaupère · A. Wyseur.

On la rencontre ensuite le 3 mai 1881, à six heures du soir, quand elle épouse à la maison communale de Lesve un tisserand de Bois-de-Villers, Victor Joseph Warnant. Ses deux parents sont dans la salle et consentent.

Elle signe — Elise Beaupière, du prénom que l’usage retient — quand sa mère, à côté d’elle, déclare ne savoir écrire. Dans cette famille comme dans tant d’autres, une génération de filles a appris ce que la précédente n’avait pas eu.

Le couple s’installe d’abord à Lesve, où trois enfants naissent — et meurent au berceau, tous les trois, entre 1881 et 1884. Puis le ménage passe à Bois-de-Villers, chez le père de Victor ; d’autres enfants viennent, dont Célestin en 1892, notre ancêtre.

On la perd ensuite de vue pendant douze ans. Elle reparaît le 9 mai 1918, sans être là : quand leur fils Joseph vient déclarer la mort de son père, il le dit époux d’Élise Beaupère — et non veuf, comme il dit « feu » et « feue » des grands-parents. Elle vivait donc ce jour-là.

Puis, le 14 juillet 1920, elle est enfin quelqu’un qui agit. Sa fille Angèle se marie, et le père n’est plus là pour consentir. C’est elle qui se présente à la maison communale de Bois-de-Villers, devant le bourgmestre : elle donne son consentement au mariage, et elle vient attester elle-même le décès de son mari. Elle a soixante-et-un ans. L’acte la dit ménagère, domiciliée à Bois-de-Villers — elle n’avait donc pas quitté le village pour suivre un enfant ailleurs, comme on l’avait supposé : elle était restée chez elle.

Trois ans plus tard, elle refait le même geste. Son fils Célestin épouse Léa Defleur à Lesve le 3 août 1923. Le 23 juillet, à Bois-de-Villers, elle a consenti devant l’officier, et attesté une fois de plus la mort de son mari. Elle a soixante-quatre ans. Elle ne va pas à Lesve : l’acte du mariage la nomme, mais elle ne le signe pas. Il la dit toujours ménagère à Bois-de-Villers.

C’est la dernière fois qu’on la voit vivante. Elle ne meurt ni à Bois-de-Villers ni à Lesve avant 1921 : les tables des deux communes ont été lues entièrement. Et le 2 avril 1940, quand son fils Camille meurt à Lesve, l’acte la dit « feue », domiciliée en dernier lieu à Bois-de-Villers. Sa mort tombe donc entre l’été 1923 et le printemps 1940, et les registres de ces années-là se demandent au guichet de Profondeville.

Sources