La petite histoire

Sosa 6 · Génération III · Les grands-parents · Branche Warnant

Célestin Joseph Gislain Warnant

1892 – 1962

Vérifié sur document

Né à deux heures du matin ; l’acte est dressé le 27 novembre par le bourgmestre Auguste Toisoul, sur la déclaration du père, qui signe. Il épouse Léa Defleur à Lesve le vendredi 3 août 1923, à dix-huit heures (photographié par Didier au guichet de Profondeville) : maçon, trente ans, domicilié à Bois-de-Villers ; son père « feu », sa mère consentant par acte séparé le 23 juillet. Les arbres en ligne disaient le 4. Il signe. Maçon à Lesve, il y déclare et signe les quatre naissances de ses enfants : Marie le 18 septembre 1924, à trente et un ans ; Lucienne le 3 août 1926 ; Angèle le 4 octobre 1929, née la veille ; Joseph le 8 mars 1932, à trente-neuf ans. Le 30 août 1935, maçon, quarante-deux ans, domicilié à Lesve, il est témoin au mariage de sa belle-sœur Marie Joséphine Defleur avec Ernest Michel, avec son beau-frère Adelin, et signe « C Warnant ». Le 2 avril 1940, maçon, quarante-sept ans, à Lesve, il déclare avec leur cousin Arthur la mort de son frère Camille, survenue la veille, et signe de même. Le 31 mai 1946, maçon à Lesve, il consent avec Léa au mariage de sa fille aînée Marie avec Jacques Michaux, maçon lui aussi, dont son frère Joseph Ghislain est témoin, et signe « Warnant Célestin ». Le 23 mars 1951, maçon à Lesve, il est présent au mariage de sa fille Lucienne avec Jean André, consent et signe « C Warnant ». Le 1er juin 1956, au mariage d’Angèle à Lesve, il est toujours maçon, domicilié à Lesve avec Léa ; l’un des témoins est son gendre Jacques Michaux, ouvrier maçon. Léa meurt à Lesve le 15 juillet 1962 ; l’acte la dit « épouse de » Célestin, qui vit donc le 16, et ne le nomme pas parmi les déclarants. Son propre décès, en 1962, n’est pas mieux établi que par les arbres, qui se disputent le jour : l’un dit le 27 octobre à Lesve, un autre le 30. Son prénom est repris par son petit-fils Bernard Célestin Heyvaert.

Naissance25 novembre 1892, Bois-de-Villers
Décès1962
ProfessionMaçon
RésidenceBois-de-Villers · Lesve
UnionLéa Marie Gislaine Defleur — mariés le 3 août 1923, Lesve
Sa parenté proche · voir dans l’arbre
Victor JosephWarnant1856 – 1918Marie EliseBeaupière1858 – 1923/1940
Célestin Joseph GislainWarnant1892 – 1962Léa Marie GislaineDefleur1900 – 1962
MarieWarnant1924 – 2016LucienneWarnant1926 – 2014Angèle Adeline GhislaineWarnant1929 – 2024JosephWarnant1932 – av. 2021

Les pièces

Les documents d’archives rassemblés pour cette personne — cliquer pour ouvrir l’image en pleine taille.

Acte de naissance de Célestin Warnant, Bois-de-Villers, 27 novembre 1892, n° 36
Acte de naissance de Célestin Warnant, Bois-de-Villers, 27 novembre 1892, n° 361892-11-25_acte-naissance-Bois-de-Villers-n36.jpg
Acte de mariage de Célestin Warnant et de Léa Defleur, Lesve, 3 août 1923, n° 6 — les deux pages du registre, photographiées par Didier au guichet de Profondeville
Acte de mariage de Célestin Warnant et de Léa Defleur, Lesve, 3 août 1923, n° 6 — les deux pages du registre, photographiées par Didier au guichet de Profondeville1923-08-03_acte-mariage-Lesve-n6.jpg
Le même acte, première
Le même acte, première1923-08-03_acte-mariage-Lesve-n6_copie-delivree-Profondeville.jpg

Ce que les actes racontent

Deux dates et rien d’autre

Pendant longtemps, Célestin Warnant s’est résumé à quatre chiffres relevés dans un arbre généalogique en ligne : « 1892-1962 ». Pas de jour, pas de commune, pas de prénoms complets — et aucune source. C’était le grand-père maternel de la souche de cet arbre, et il n’était appuyé sur rien.

L’acte a fini par être trouvé, et il a d’abord fallu se défaire d’une fausse piste.

Le piège de l’index

Les registres numérisés sont accompagnés d’index, qui gagnent un temps précieux — à condition de savoir ce qu’ils disent. Celui-ci annonçait une naissance à « Namur, Namur ».

Or Namur est ici l’arrondissement, pas la commune. L’enfant n’est pas né en ville. Le raisonnement qui avait écarté Lesve, le village de sa mère, restait juste par ailleurs : le numéro de l’acte — le trente-sixième de l’année — y était impossible, Lesve n’enregistrant qu’une vingtaine de naissances par an. Simplement, le ménage n’était pas parti à la ville : il était retourné chez le père, à Bois-de-Villers.

C’est une règle qu’il vaut la peine d’énoncer : l’index donne parfois la juridiction, seule l’image donne le village. Et l’irrégularité est complète — pour la sœur cadette de sa future femme, le même index nommait bien la commune.

L’acte, Bois-de-Villers, novembre 1892

N° 36. Du vingt-septième jour du mois de Novembre mil huit cent quatre-vingt-douze, à deux heures de relevée. ACTE DE NAISSANCE de WARNANT Célestin Joseph Gislain, né à Bois-de-Villers, Province de Namur, le vingt-cinq de ce mois à deux heures du matin, fils de WARNANT Victor Joseph, âgé de trente-six ans, profession de cultivateur, demeurant à Bois-de-Villers, et de BAUPÈRE Marie Elise, âgée de trente-trois ans, profession de ménagère, demeurant à Bois-de-Villers.

Le sexe de l’enfant qui a été présenté a été reconnu être masculin. Premier témoin DUFAUX Célestin, âgé de quarante-huit ans, journalier, domicilié à Lesve. Second témoin MARCHAL Alphonse Joseph, âgé de trente-cinq ans, agent d’affaires, domicilié à Bois-de-Villers. Sur la déclaration faite par le père de l’enfant.

Constaté suivant la loi, par moi TOISOUL Auguste, Bourgmestre […] commune de Bois-de-Villers, et après lecture faite aux témoins et déclarant lesquels ont signé avec moi.

Signé : Victor Warnant · Dufaux Célestins · A. J. Marchal · Aug. Toisoul

Il est né le 25 novembre 1892 à deux heures du matin, déclaré le 27. Ses prénoms d’état civil sont Célestin Joseph Gislain — le troisième, Ghislain, revient dans presque toute cette parenté namuroise ; il ne faut ni s’en étonner ni y voir deux personnes.

Son père déclare lui-même et signe, comme il signait déjà onze ans plus tôt à son mariage. Il était alors tisserand ; il est maintenant cultivateur. Les deux âges portés à l’acte — trente-six ans pour le père, trente-trois pour la mère — tombent exactement sur les dates que leur acte de mariage avait données.

Le premier témoin s’appelle Célestin Dufaux, il est journalier, et il habite Lesve. Il porte le prénom qu’on donne à l’enfant, et il vient du village que la famille a quitté : le lien ne s’était pas rompu.

Trois berceaux vides

C’est en cherchant sa fratrie que cette page prend un autre poids. Ses parents ont eu sept enfants, et voici ce que les registres en disent.

Joseph Alexandre, né le 30 juin 1881 à Lesve, mort le 12 juillet suivant — douze jours. Edouard Gillain Joseph, né le 28 janvier 1883, mort le 14 février — dix-sept jours. Camille Ghislain Joseph, né en 1884, mort le 25 juillet de la même année, au berceau.

Trois enfants en trois ans, trois enterrements. Puis un quatrième naît en février 1886, et on l’appelle Camille — le prénom du dernier mort. Une sœur, Angèle Catherine Joséphine, naît en 1889. Célestin vient en 1892. Un dernier garçon naît en 1894, et on le prénomme Joseph — comme le premier-né qui n’avait pas vécu treize jours.

Redonner à un nouveau-né le prénom d’un frère mort était courant, et cela se lit partout dans les registres de ce siècle. Il faut le savoir pour deux raisons. D’abord parce que deux enfants d’un même couple peuvent porter le même prénom sans être la même personne — l’erreur est facile et fréquente. Ensuite parce que cela dit, mieux qu’un commentaire, ce qu’était une famille rurale en 1885 : on donnait aux vivants le nom des morts, et l’on continuait.

Il y a une autre reprise, plus douce. Sa sœur aînée s’appelait Angèle. En 1929, Célestin donnera ce prénom à sa fille.

Le déménagement, lisible dans les lieux de naissance

Les trois aînés naissent à Lesve, le village de la mère, entre 1881 et 1884. Célestin naît à Bois-de-Villers, celui du père, en 1892. Le ménage a donc changé de commune entre 1886 et 1892 — l’acte de chaque enfant note le déplacement sans jamais le raconter.

Célestin, lui, fera le trajet inverse : il épousera Léa Defleur, de Lesve, et ramènera la lignée au village maternel. Les deux communes sont aujourd’hui des sections de Profondeville, à quatre kilomètres l’une de l’autre.

Le mariage, Lesve, août 1923

Célestin épouse Léa le vendredi 3 août 1923, à six heures du soir, à la maison communale de Lesve. Il a trente ans, il est maçon, et il vit encore à Bois-de-Villers, comme sa mère. Les Warnant de Bois-de-Villers sont dans le bâtiment : son frère cadet, Joseph Ghislain, était maçon lui aussi en 1918.

L’acte n’est pas en ligne. Didier est allé le photographier au guichet de Profondeville. Les arbres en ligne disaient le 4 août : ils avaient l’année, pas le jour.

Son père est mort depuis cinq ans ; l’acte le dit « feu Victor Joseph Warnant, maçon ». Sa mère, Marie Elise Beaupère, ne vient pas à Lesve. Le 23 juillet, à Bois-de-Villers, elle a consenti au mariage devant l’officier et attesté la mort de son mari. C’est la dernière fois qu’on la voit vivante, à soixante-quatre ans.

Les pièces lues avant la célébration disent aussi que Célestin « a satisfait à la loi sur la milice » — un certificat du gouverneur, du 9 juillet. Il avait eu vingt ans en 1912, deux ans avant la guerre.

Il signe Célestin Warnant.

Quatre naissances à Lesve, 1924-1932

Treize mois après le mariage, le ménage vit déjà à Lesve, le village de Léa. Le 18 septembre 1924, Célestin, maçon, trente et un ans, vient déclarer à la maison communale la naissance de Marie, sa fille aînée. Il reviendra trois fois, et chaque fois il sera dit maçon, chaque fois il signera : le 3 août 1926 pour Lucienne ; le 4 octobre 1929 pour Angèle, née la veille à deux heures de l’après-midi — la mère de Didier, qui porte le prénom de sa sœur aînée à lui ; le 8 mars 1932, enfin, pour Joseph, le seul garçon, à qui il donne pour deuxième prénom celui de son propre père, Victor. Les deux aînées reçoivent celui de sa mère, Élise.

Le 30 août 1935, à six heures du soir, il est de nouveau à la maison communale, cette fois comme témoin : Marie Joséphine, la sœur de Léa, y épouse Ernest Michel. Célestin a quarante-deux ans, il est maçon à Lesve ; l’autre témoin est son beau-frère Adelin. Il signe C Warnant.

Avril 1940, son frère Camille

Le 2 avril 1940, il retourne à la maison communale pour un deuil. Son frère aîné Camille, le garçon de 1886 qui portait le prénom d’un mort, est mort la veille au soir à Lesve, à cinquante-quatre ans ; il était maçon lui aussi. Célestin le déclare avec leur cousin Arthur, et signe C Warnant. L’acte dit leur père et leur mère « feu » et « feue » : Marie Elise Beaupère n’est plus.

Mai 1946, le mariage de Marie

Le 31 mai 1946, un vendredi, à huit heures et demie du soir, sa fille aînée Marie, vingt et un ans, épouse à la maison communale Jacques Michaux, un maçon de trente-trois ans né à Malonne. Célestin et Léa consentent et signent. Le témoin de la mariée est son oncle, Joseph Ghislain, le jeune frère de Célestin, devenu cultivateur à Lesve.

Mars 1951, le mariage de Lucienne

Le 23 mars 1951, à cinq heures de l’après-midi, sa deuxième fille, Lucienne, épouse à la maison communale Jean André, un cultivateur du village. Célestin, maçon, est là avec Léa : ils consentent et signent. Le témoin de Lucienne est déjà Jacques Michaux, le mari de Marie.

Juin 1956, le mariage d’Angèle

Cinq ans plus tard, c’est Angèle qui se marie, à la même maison communale, avec Franz Heyvaert, un garçon de Bois-de-Villers né à Merchtem. L’acte dit Célestin maçon, domicilié à Lesve avec Léa : il n’a pas changé de métier ni de village. L’un des deux témoins est Jacques Michaux, ouvrier maçon, le mari de sa fille aînée Marie. Le gendre fait le métier du beau-père.

Juillet 1962

Ce qui manque, et pourquoi

Sa propre mort, la même année, n’est connue que par des arbres en ligne, qui ne s’accordent même pas sur le jour : la fin d’octobre 1962, trois mois après Léa. L’acte est au même guichet de Profondeville. C’est la prochaine pièce à demander.

Sources