La petite histoire

Sosa 48 · Génération VI · Les quadrisaïeuls · Branche Warnant

Lupsin Joseph Warnant

1791 – av. 1902

Vérifié sur document

Né à Lesve le 11 janvier 1791 vers quatre heures du matin, et baptisé le jour même sous le nom de Lupicin Joseph : son acte de baptême le dit fils de Jacque Warnant natif de Bioul et de Marie Barbe Melin native de Lesve (1), et son acte de mariage lui donne vingt-cinq ans le 19 février 1816 — deux pièces indépendantes, à vingt-cinq ans d'écart, qui s'accordent au jour. Son parrain s'appelait Lupicin Warnant comme lui. Scieur de long — le métier de ceux qui débitaient les troncs à la main, en fosse — de 1816 à 1844 au moins, et encore selon l'acte de décès de son fils en 1902 ; dit cultivateur en 1852. Il signe : son mariage en 1816, la naissance de son fils Alexandre en 1826, le décès de sa femme qu'il vient déclarer lui-même en 1844, et le mariage de ce même Alexandre en 1852, où il comparaît et consent — quatre signatures en trente-six ans. Son père et son beau-père, eux, ont déclaré ne savoir signer. Vivant encore le 7 mars 1852, à soixante et un ans ; sa mort n'a pas été retrouvée.

Naissance11 janvier 1791, Lesve
Décèsavant 29 août 1902
ProfessionScieur de long · Cultivateur
RésidenceLesve
UnionPhilippine Joseph Gillard — mariés le 19 février 1816, Lesve
Sa parenté proche · voir dans l’arbre
JacquesWarnant1762 – 1843Marie BarbeMelin† av. 1843
Lupsin JosephWarnant1791 – av. 1902Philippine JosephGillard1788 – 1844
Alexandre JosephWarnant1826 – av. 1918Victor JosephWarnant~1835 – 1902

Les pièces

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Baptême Lesve — 11 janvier 1791
Baptême Lesve — 11 janvier 17911791-01-11_bapteme-Lesve.jpg
Son acte de mariage — Lesve, 19 février 1816
Son acte de mariage — Lesve, 19 février 18161816-02-19_acte-mariage.jpg

Ce que les actes racontent

Un prénom qu'on ne rencontre nulle part ailleurs

Il s'appelle Lupsin. Pas Louis, pas Lucien : Lupsin. On ne trouve pas d'autre porteur de ce prénom dans les registres de Lesve, et c'est peut-être pour cela qu'il a été si facile de le suivre, une fois qu'on a su où regarder.

Longtemps, il n'était qu'une ligne dans l'acte de décès d'un de ses fils, en 1902 — feu Lupsin Warnant, scieur de long, domicilié en dernier lieu à Lesve — et un pari : un arbre en ligne le donnait pour père d'Alexandre, dont nous descendons, sans rien pour l'appuyer. Trois actes ont depuis refermé la question.

Le 19 février 1816, à neuf heures du matin

Il a vingt-cinq ans. Il est scieur de long — le métier des hommes qui débitaient les troncs à la main, en fosse, un en haut, un en bas, dans la sciure, en suivant les coupes de bois. Ce matin-là, à la mairie de Lesve, il épouse Philippine Joseph Gillard, de deux ans son aînée, ménagère du village.

L'acte donne enfin sa naissance : 11 janvier 1791, à Lesve. Et il donne ses parents, qu'aucun arbre ne connaissait : Jacques Warnant, journalier, et Marie Barbe Melin, ménagère. Les deux pères sont là, debout, pour consentir — et tous deux « ont déclaré ne savoir signer ».

Lui signe. Lupsin Warnant, au bas de la page, d'une main nette. Sa femme non. Dans cette famille, l'écriture arrive avec lui. L'acte, sur le registre imprimé de la commune :

REGISTRE aux actes de Mariages pour l'année 1816 — Province de Namur, arrondissement de Namur, Mairie de Lesve.

Du dix-neuvième jour du mois de février mil huit cent seize, à neuf heures du matin. — ACTE DE MARIAGE de Lupsin Joseph WARNANT, âgé de vingt-cinq ans, né le onze janvier mil sept cent nonante-un à Lesve, profession de scieur de long, demeurant audit Lesve, province de Namur, majeur, fils de Jacques WARNANT, profession de journalier, demeurant audit Lesve, et de Marie Barbe MELIN, profession de ménagère, demeurant audit Lesve ;

Et de Philippine Joseph GILLARD, âgée de vingt-sept ans, née le vingt-quatre septembre mil sept cent quatre-vingt-huit à Lesve, profession de ménagère, demeurant à Lesve, fille de Louis [GILLARD], profession de maçon, demeurant audit Lesve, et de Marie Joseph CÔME, décédée.

Les pères des futurs conjoints donnent par cette [comparution] leur consentement, mais ils ont déclaré ne savoir signer.

Les actes préliminaires sont extraits du registre des publications de mariage faites à Lesve les quatre et onze février mil huit cent seize et affichés aux termes de la loi. Il n'y a pas eu d'opposition.

Lesdits époux présents ont déclaré prendre en mariage, l'un Philippine Joseph Gillard, l'autre Lupsin Joseph Warnant.

En présence de : Gislain Joseph MELIN, meunier, demeurant à Lesve, soixante-quatre ans · Louis Joseph PAQUET, ⭐ beau-frère de la conjointe, journalier, audit Lesve, vingt-cinq ans · Jean Baptiste MELIN, audit Lesve, vingt-trois ans · Nicolas LEGROS, percepteur, audit Lesve, quarante-quatre ans.

Après quoi, moi Urbain LEGROS, sous-maire de Lesve délégué, faisant les fonctions d'officier public de l'état civil, ai prononcé au nom de la loi que lesdits époux sont unis en mariage ; et ont lesdits époux et témoins signé avec moi après lecture faite, la conjointe ayant déclaré ne savoir signer. Signé : Lupsin Warnant · Louis Joseph Paquet · N. Legros · Gislain Melin · Jean Baptiste Melin · U. Legros.

Son baptême, retrouvé depuis dans le registre du curé de Lesve, confirme le jour et donne l'heure — quatre heures du matin. Il dit son père natif de Bioul, et le parrain, un autre « Lupicin » Warnant, fait sa marque comme lui : dans cette famille, personne n'écrivait encore.

[marge : Warnant] L'an mil sept cent quatrevingt onze le onze janvier a été baptisé Lupicin Joseph né en légitime mariage le même jour vers les quatre heures du matin, fils de Jacque Warnant natif de Bioul et de Marie Barbe Melin native de Lesves, ses père et mère. Le parain a été Lupicin Warnant et la maraine Marie Françoise Melin. La marque + de Jacque Warnant pour ne sçavoir écrire. La marque + de Lupicin Warnant pr ne sçavoir écrire. La marque + de Marie Françoise Melin pr ne sçavoir écrire. — Drion Vic. de Lesves

Trois signatures, trois moments

On le retrouve le 22 septembre 1826 : il vient déclarer la naissance de son fils Alexandre, né la veille à six heures du soir. Il signe encore.

On le retrouve le 28 janvier 1844, à cinquante-trois ans, venu dire que sa femme est morte la veille. L'employé note son métier — toujours scieur de long, vingt-huit ans après — et il signe une troisième fois, sous le regard de l'instituteur du village qui sert de second déclarant.

Il vivra encore longtemps : on le sait vivant en février 1852, quand il consent au mariage de son fils, cultivateur cette fois — les mots changent, les métiers de bois et de terre se mêlent dans un village comme celui-là. Sa propre mort n'a pas encore été trouvée ; elle est quelque part entre 1852 et 1902.

Sources