La petite histoire

Sosa 96 · Génération VII · La septième génération · Branche Warnant

Jacques Warnant

1762 – 1843

Vérifié sur document

Baptisé à Bioul, paroisse Saint-Barthélemy, le 18 mars 1762, fils de Lupsin Warnant — que la plume latine du curé écrit « Lupicinus » — et de Marie Florence Genin, époux ; parrain et marraine Jacques Florent et Marie Anne Joseph Cobus. Son acte de décès le dira né à Bioul et âgé de quatre-vingt-deux ans, deux de plus que son âge réel. Journalier à Lesve ; au mariage de son fils Lupsin, le 19 février 1816, il est présent et consentant, et déclare, comme le père de la mariée, ne savoir signer. Son fils, lui, signe. Deux autres actes le nomment avec sa femme : le mariage d'une fille en 1820 et le décès d'une autre en 1859. Il meurt à Lesve le 17 février 1843 à dix heures du matin, veuf, sans profession, à quatre-vingt-deux ans ; c'est son fils Lupsin, cinquante-trois ans, qui vient le déclarer et signe, sans pouvoir dire le nom de sa grand-mère. Inconnu de tous les arbres consultés.

Naissance18 mars 1762, Bioul
Décès17 février 1843, Lesve
ProfessionJournalier
RésidenceLesve
Sa parenté proche · voir dans l’arbre
JacquesWarnant1762 – 1843Marie BarbeMelin† av. 1843
Lupsin JosephWarnant1791 – av. 1902

Les pièces

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Son acte de baptême — Bioul, 18 mars 1762 , fichier 1026
Son acte de baptême — Bioul, 18 mars 1762 , fichier 10261762-03-18_bapteme-Bioul.jpg
Son acte de décès — Lesve, 19 février 1843 , fichier 0462
Son acte de décès — Lesve, 19 février 1843 , fichier 04621843-02-17_acte-deces.jpg

Ce que les actes racontent

Le journalier qui ne savait pas signer

Jacques Warnant est né à Bioul et mort à Lesve : c'est lui qui a fait le déplacement, quelque part entre 1762 et la naissance de son fils. Il est journalier — c'est-à-dire qu'il loue ses bras à la journée, le bas de l'échelle rurale — et il paraît une fois, debout, dans la salle de la mairie.

Le 19 février 1816, son fils Lupsin épouse Philippine Gillard. La loi veut que les pères consentent : Jacques est là, et le père de la mariée aussi. Le secrétaire note la phrase d'usage — et une précision qui en dit long : « ils ont déclaré ne savoir signer ».

Son fils, lui, signe. Lupsin Warnant, d'une main assurée, au bas du même acte, et il signera encore dix ans plus tard la naissance de son propre fils. En une génération, la famille est entrée dans l'écrit.

Trois pièces séparées par quarante-trois ans le nomment avec sa femme, Marie Barbe Melin : le mariage de Lupsin en 1816, celui d'une fille en 1820, le décès d'une autre en 1859 — où il est dit feu. Entre les deux bouts, sa vie tient dans un métier et dans quatre enfants qu'on connaît.

Le 17 février 1843

Il est mort chez lui, à Lesve, un vendredi de février 1843, à dix heures du matin. Quatre-vingt-deux ans, « sans profession » — le journalier avait posé ses outils. C'est son fils Lupsin, cinquante-trois ans, qui vient le déclarer deux jours plus tard avec l'instituteur du village, et qui signe.

L'acte dit deux choses qu'on ne savait pas. Jacques était né à Bioul, de l'autre côté des bois, vers 1761 : les Warnant ne sont de Lesve que depuis lui. Et son père s'appelait Lupsin — le prénom que Jacques a donné à son fils, et qu'on ne rencontre nulle part ailleurs. Le nom de sa mère, en revanche, Lupsin ne le savait plus : l'échevin a laissé quatre points sur la ligne. L'acte :

Du dix-neuvième jour du mois de février mil huit cent quarante-trois, à cinq heures du soir. Acte de décès de Jacques WARNANT, veuf de Marie Barbe MELIN, décédé le dix-sept courant à dix heures du matin, sans profession, âgé de quatre-vingt-deux ans, né à Bioul, province de Namur, demeurant à Lesve, province susdite, fils de feu Lupsin WARNANT et de feu . . . . Sur la déclaration faite par Lupsin WARNANT, âgé de cinquante-trois ans, demeurant à Lesve, profession de journalier, qui a dit être fils du défunt, et par Jean Joseph CAMBIER, âgé de quarante-huit ans, demeurant à Lesve, profession d'instituteur, qui a dit être connu du défunt. Constaté suivant la loi par moi François Joseph BOSSUROY, échevin de la commune de Lesve, délégué, faisant les fonctions d'officier public de l'état civil, et après lecture faite aux déclarants, ils ont signé avec moi. — J. J. Cambier · Lupsin Warnant · F. J. Bossuroy

Le 18 mars 1762, à Bioul

Le registre de la paroisse de Bioul a gardé ce que l'échevin de Lesve n'avait pas pu écrire. Le 18 mars 1762, le curé de Saint-Barthélemy baptise « Jacobus, fils de Lupicinus Warnant et de Marie Florence Genin, époux ». Sa mère a un nom. Son père en a un aussi, sous sa vraie forme : Lupicin, le nom d'un saint du Jura, que le village prononçait Lupsin.

Il avait donc quatre-vingts ans, et non quatre-vingt-deux, quand il est mort à Lesve : l'âge que donne un fils devant l'échevin n'est jamais qu'un souvenir. Deux ans plus tôt, en février 1760, le même curé avait baptisé sa sœur Élisabeth. Les Warnant étaient de Bioul, et ils y étaient depuis un moment. L'acte, traduit du latin :

Jacques Warnant. L'an du Seigneur 1762, le 18 mars, a été baptisé Jacques, fils de Lupicin Warnant et de Marie Florence Genin, époux ; les parrain et marraine furent Jacques Florent Cobus et Marie Anne Joseph Cobus.

Sources