La petite histoire

Sosa 7 · Génération III · Les grands-parents · Branche Defleur

Léa Marie Gislaine Defleur

1900 – 1962

Vérifié sur document

Née à onze heures ; l'acte est dressé le lendemain par le bourgmestre Gustave Misson, sur la déclaration du père, qui signe. Aînée du couple, née treize mois après son mariage. Son année de décès n'est connue que par un arbre consulté en ligne. Son prénom est repris par sa petite-fille Béatrice Léa Heyvaert.

Naissance13 octobre 1900, Lesve
Décès1962
UnionCélestin Joseph Gislain Warnant — mariés le 4 août 1923, Lesve, union non vérifiée
Sa parenté proche · voir dans l’arbre
Léa Marie GislaineDefleur1900 – 1962Célestin Joseph GislainWarnant1892 – 1962
MarieWarnant1924 – 2016LucienneWarnant1926 – 2014Angèle Adeline GhislaineWarnant1929 – 2024JosephWarnant† av. 2021

Les pièces

Les documents d’archives rassemblés pour cette personne — cliquer pour ouvrir l’image en pleine taille.

Acte naissance Lesve n19 — 13 octobre 1900
Acte naissance Lesve n19 — 13 octobre 19001900-10-13_acte-naissance-Lesve-n19.jpg

Ce que les actes racontent

La treizième année du siècle, à onze heures du matin

Léa Defleur naît à Lesve le 13 octobre 1900. Comme son futur mari, elle n'était jusqu'ici qu'une paire de dates sans source dans un arbre en ligne : « 1900-1962 ». Son acte de naissance a réglé la première moitié.

N° 19. Du quatorzième jour du mois d'octobre mil neuf cent, à treize heures. ACTE DE NAISSANCE de Léa Marie Gislaine DEFLEUR, née à Lesve, le jour d'hier à onze heures, fille de Sébastien DEFLEUR, âgé de vingt-sept ans, profession de journalier, demeurant à Lesve, et de Marie JADOT, âgée de vingt-six ans, profession de ménagère, demeurant à Lesve.

Le sexe de l'enfant qui a été présenté a été reconnu être féminin. Premier témoin Clément LECOCQ, âgé de trente-deux ans, profession de chef de musique, domicilié à Lesve. Second témoin Urbain Joseph POCHET, âgé de trente-huit ans, négociant, domicilié à Lesve. Sur la déclaration faite par ledit Sébastien Defleur.

Constaté suivant la loi, par moi Gustave MISSON, bourgmestre […] commune de Lesve, et après lecture faite aux témoins et déclarant lesquels ont signé avec moi.

Signé : Cl. Lecocq · S. Defleur · U. Pochet · Gustave Misson

« Le jour d'hier » : la formule est jolie, et elle évite l'erreur. L'acte est du 14, la naissance du 13.

Ce que l'acte confirme sans en avoir l'air

Ses parents s'étaient mariés à Lesve treize mois plus tôt, le 2 septembre 1899. Léa est donc bien leur aînée — ce qu'on supposait sans le savoir.

Les deux âges portés ici, vingt-sept ans pour le père et vingt-six pour la mère, tombent exactement sur les dates de naissance que leur acte de mariage avait livrées. Ce genre de recoupement ne fait pas un beau récit, mais c'est lui qui transforme une hypothèse en certitude.

Le père déclare lui-même et signe : S. Defleur. Il signera encore en 1906, pour une autre fille.

Un prénom amputé, un piège classique

L'acte nomme la mère « Marie Jadot ». Son acte de mariage l'appelait Pélagie Marie Jadot, et son propre acte de naissance également.

Ce n'est pas une autre femme : c'est le même prénom composé, dont l'usage n'a retenu qu'une moitié. Le phénomène traverse toute cette généalogie — Judocus Ludovicus devenu Louis, Félix Joseph tantôt Félix tantôt Joseph, Petrus Joannes appelé Joannes. Il faut y penser à chaque acte, sous peine de dédoubler des gens qui n'ont jamais existé qu'en un seul exemplaire.

Un chef de musique au berceau

Le premier témoin est Clément Lecocq, trente-deux ans, chef de musique à Lesve. Dans une longue suite de journaliers, de cultivateurs et de charrons, la mention détonne agréablement : le village avait une fanfare, et son chef était assez considéré pour qu'on l'appelle à témoigner d'une naissance. Le second témoin est négociant.

Ni l'un ni l'autre n'est parent — ce sont des témoins de convenance, comme presque toujours. De ce côté, pas de piste familiale.

Cinq cadets, et un ménage qui tient

Les registres de Lesve donnent à Léa cinq cadets, et les cinq actes ont été lus : Marie Joséphine Ghislaine, née le 14 septembre 1906, Adelin Armand Joseph Ghislain, né le 10 septembre 1909, Aline Léa Ghislaine, née le 18 février 1911, Gustave Joseph Ghislain, né le 8 mars 1912, et Joseph Félix Ghislain, né le 9 août 1913.

Ces cinq actes se ressemblent, et c'est ce qui les rend précieux. Le père déclare chaque fois lui-même et signe ; les âges des deux parents tombent juste à chaque naissance ; le ménage ne bouge pas de Lesve en quatorze ans. Seul le métier du père change : journalier en 1899, ouvrier agricole en 1906, ouvrier brasseur en 1909 et encore en 1912, ouvrier agricole de nouveau en 1913. Il y avait une brasserie au village, et il y a passé quelques années.

Aucun de ces enfants ne meurt en bas âge : les tables des décès de Lesve, de 1901 à 1920, ne portent pas un seul Defleur. Sébastien était venu de Sommière ; il y est resté, et la famille a grandi entière.

Les prénoms des cadets racontent qui entourait le ménage. Marie Joséphine reprend sa grand-mère Joséphine Collard, Adelin son grand-père Hadelin Defleur et l'oncle Adelin Jadot, charron, témoin au mariage de ses parents. Aline Léa porte le prénom de Léa elle-même, qui a dix ans à sa naissance. Gustave est le bourgmestre qui dresse l'acte, Gustave Misson, un cousin de la mère. Et Joseph Félix porte les prénoms du premier témoin de sa naissance, Joseph Félix Bodson, menuisier, dont la famille est celle d'une fille de Félix Beaupère : sept ans plus tard, Léa épousera un petit-fils de ce Félix. Les deux familles se tenaient déjà au berceau l'une de l'autre.

Ce qu'on ne peut pas encore raconter

Son mariage avec Célestin Warnant, vers 1920, et sa mort en 1962 ne sont pas ici. La numérisation des registres belges s'arrête à 1910 ; au-delà, il faut se déplacer.

Ce n'est pas une interdiction, seulement une formalité : les actes belges deviennent publics après cent ans pour une naissance, septante-cinq pour un mariage, cinquante pour un décès. Tout ce qui concerne Léa est donc consultable aujourd'hui, au guichet de Profondeville — dont Lesve est une section depuis 1977 — ou aux Archives de l'État à Namur. Les registres de population, qui suivent un ménage année par année, y sont aussi : ce sont eux qui diraient enfin où et comment cette famille a vécu.

Sources