La petite histoire

Sosa 7 · Génération III · Les grands-parents · Branche Defleur

Léa Marie Gislaine Defleur

1900 – 1962

Vérifié sur document

Née à onze heures ; l’acte est dressé le lendemain par le bourgmestre Gustave Misson, sur la déclaration du père, qui signe. Aînée du couple, née treize mois après son mariage. Elle épouse Célestin Warnant à Lesve le 3 août 1923 — ménagère, vingt-deux ans ; son père, présent, consent et signe « J Defleur » ; elle signe « Léa Defleur ». L’échevin qui les marie, Armand Jadot, est sans doute son oncle maternel, sans preuve. Ménagère à Lesve, elle y met au monde ses quatre enfants, que le père déclare chaque fois : Marie le 16 septembre 1924, à vingt-trois ans ; Lucienne le 1er août 1926 ; Angèle le 3 octobre 1929, à vingt-huit ans ; Joseph le 7 mars 1932, à trente et un ans. Le 31 mai 1946, sans profession, elle consent avec Célestin au mariage de sa fille aînée Marie avec Jacques Michaux, et signe « Defleur Léa ». Le 23 mars 1951, sans profession, elle est présente au mariage de sa fille Lucienne avec Jean André, consent et signe « L Defleur ». Le 1er juin 1956, au mariage d’Angèle, elle est sans profession, domiciliée à Lesve avec Célestin. Son prénom est repris par sa petite-fille Béatrice Léa Heyvaert.

Naissance13 octobre 1900, Lesve
Décès15 juillet 1962, Lesve
ProfessionMénagère · Sans profession
RésidenceLesve
UnionCélestin Joseph Gislain Warnant — mariés le 3 août 1923, Lesve
Sa parenté proche · voir dans l’arbre
Léa Marie GislaineDefleur1900 – 1962Célestin Joseph GislainWarnant1892 – 1962
MarieWarnant1924 – 2016LucienneWarnant1926 – 2014Angèle Adeline GhislaineWarnant1929 – 2024JosephWarnant1932 – av. 2021

Les pièces

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Acte de naissance de Léa Marie Gislaine Defleur, Lesve, 14 octobre 1900, n° 19
Acte de naissance de Léa Marie Gislaine Defleur, Lesve, 14 octobre 1900, n° 191900-10-13_acte-naissance-Lesve-n19.jpg
Acte de décès de Léa Marie Gislaine Defleur, Lesve, 16 juillet 1962 (morte le 15), n° 14 — photo du registre, guichet de Profondeville
Acte de décès de Léa Marie Gislaine Defleur, Lesve, 16 juillet 1962 (morte le 15), n° 14 — photo du registre, guichet de Profondeville1962-07-15_acte-deces-Lesve-n14.jpg

Ce que les actes racontent

La treizième année du siècle, à onze heures du matin

Léa Defleur naît à Lesve le 13 octobre 1900. Comme son futur mari, elle n’était jusqu’ici qu’une paire de dates sans source dans un arbre en ligne : « 1900-1962 ». Son acte de naissance a réglé la première moitié, son acte de décès la seconde.

N° 19. Du quatorzième jour du mois d'octobre mil neuf cent, à treize heures. ACTE DE NAISSANCE de Léa Marie Gislaine DEFLEUR, née à Lesve, le jour d’hier à onze heures, fille de Sébastien DEFLEUR, âgé de vingt-sept ans, profession de journalier, demeurant à Lesve, et de Marie JADOT, âgée de vingt-six ans, profession de ménagère, demeurant à Lesve.

Le sexe de l’enfant qui a été présenté a été reconnu être féminin. Premier témoin Clément LECOCQ, âgé de trente-deux ans, profession de chef de musique, domicilié à Lesve. Second témoin Urbain Joseph POCHET, âgé de trente-huit ans, négociant, domicilié à Lesve. Sur la déclaration faite par ledit Sébastien Defleur.

Constaté suivant la loi, par moi Gustave MISSON, bourgmestre […] commune de Lesve, et après lecture faite aux témoins et déclarant lesquels ont signé avec moi.

Signé : Cl. Lecocq · S. Defleur · U. Pochet · Gustave Misson

« Le jour d’hier » : la formule est jolie, et elle évite l’erreur. L’acte est du 14, la naissance du 13.

Ce que l’acte confirme sans en avoir l’air

Ses parents s’étaient mariés à Lesve treize mois plus tôt, le 2 septembre 1899. Léa est donc bien leur aînée — ce qu’on supposait sans le savoir.

Les deux âges portés ici, vingt-sept ans pour le père et vingt-six pour la mère, tombent exactement sur les dates de naissance que leur acte de mariage avait livrées. Ce genre de recoupement ne fait pas un beau récit, mais c’est lui qui transforme une hypothèse en certitude.

Le père déclare lui-même et signe : S. Defleur. Il signera encore en 1906, pour une autre fille.

Un prénom amputé, un piège classique

L’acte nomme la mère « Marie Jadot ». Son acte de mariage l’appelait Pélagie Marie Jadot, et son propre acte de naissance également.

Ce n’est pas une autre femme : c’est le même prénom composé, dont l’usage n’a retenu qu’une moitié. Le phénomène traverse toute cette généalogie — Judocus Ludovicus devenu Louis, Félix Joseph tantôt Félix tantôt Joseph, Petrus Joannes appelé Joannes. Il faut y penser à chaque acte, sous peine de dédoubler des gens qui n’ont jamais existé qu’en un seul exemplaire.

Un chef de musique au berceau

Le premier témoin est Clément Lecocq, trente-deux ans, chef de musique à Lesve. Dans une longue suite de journaliers, de cultivateurs et de charrons, la mention détonne agréablement : le village avait une fanfare, et son chef était assez considéré pour qu’on l’appelle à témoigner d’une naissance. Le second témoin est négociant.

Ni l’un ni l’autre n’est parent — ce sont des témoins de convenance, comme presque toujours. De ce côté, pas de piste familiale.

Cinq cadets, et un ménage qui tient

Les registres de Lesve donnent à Léa cinq cadets, et les cinq actes ont été lus : Marie Joséphine Ghislaine, née le 14 septembre 1906, Adelin Armand Joseph Ghislain, né le 10 septembre 1909, Aline Léa Ghislaine, née le 18 février 1911, Gustave Joseph Ghislain, né le 8 mars 1912, et Joseph Félix Ghislain, né le 9 août 1913.

Ces cinq actes se ressemblent, et c’est ce qui les rend précieux. Le père déclare chaque fois lui-même et signe ; les âges des deux parents tombent juste à chaque naissance ; le ménage ne bouge pas de Lesve en quatorze ans. Seul le métier du père change : journalier en 1899, ouvrier agricole en 1906, ouvrier brasseur en 1909 et encore en 1912, ouvrier agricole de nouveau en 1913. Il y avait une brasserie au village, et il y a passé quelques années.

Aucun de ces enfants ne meurt en bas âge : les tables des décès de Lesve, de 1901 à 1920, ne portent pas un seul Defleur. Sébastien était venu de Sommière ; il y est resté, et la famille a grandi entière.

Les prénoms des cadets racontent qui entourait le ménage. Marie Joséphine reprend sa grand-mère Joséphine Collard, Adelin son grand-père Hadelin Defleur et Adelin Jadot, charron, un cousin de la mère, témoin au mariage de ses parents. Aline Léa porte le prénom de Léa elle-même, qui a dix ans à sa naissance. Gustave est le bourgmestre qui dresse l’acte, Gustave Misson, selon toute vraisemblance l’oncle de la mère. Et Joseph Félix porte les prénoms du premier témoin de sa naissance, Joseph Félix Bodson, menuisier, dont la famille est celle d’une fille de Félix Beaupère : dix ans plus tard, Léa épousera un petit-fils de ce Félix. Les deux familles se tenaient déjà au berceau l’une de l’autre.

Un vendredi d’août, à six heures du soir

Léa épouse Célestin Warnant à Lesve le vendredi 3 août 1923, à dix-huit heures, en la maison communale. Elle a vingt-deux ans et se dit ménagère ; lui en a trente, il est maçon et vit à Bois-de-Villers. L’acte n’est pas en ligne : la numérisation s’arrête avant 1923. Didier est allé le photographier au guichet de Profondeville.

Les arbres en ligne, qui concordaient, donnaient le 4 août. Ils avaient l’année, pas le jour. Le 4 était un samedi : la famille a peut-être gardé la date de la messe plutôt que celle de la commune. Ce n’est qu’une hypothèse, le registre de la paroisse le dirait.

Sa mère est morte cinq ans plus tôt, en janvier 1918 ; l’acte la dit « feu Pélagie Marie Jadot ». Son père, lui, est là. Sébastien Joseph Defleur, ouvrier agricole, donne son consentement de vive voix et signe à côté de sa fille : J Defleur, de son second prénom, comme sur sa carte d’identité de 1919. Elle signe Léa Defleur.

La mère de Célestin n’est pas venue. Veuve, elle a donné son consentement onze jours plus tôt, devant l’officier de Bois-de-Villers, et l’acte est joint au dossier.

Parmi les deux témoins, un visage connu : Constant Demarcin, conseiller provincial, soixante et un ans. Il avait déjà été témoin au mariage des parents de Léa, en 1899. Il était alors fermier, et en avait trente-sept.

Et celui qui les marie s’appelle Armand Jadot, échevin. Léa avait un oncle de ce nom, le frère cadet de sa mère, cultivateur au village. C’est sans doute lui : même prénom, même village, une signature de même allure qu’en 1917. Rien ne le prouve encore. Si c’est bien lui, c’est l’oncle qui a uni sa nièce, cinq ans après la mort de sa sœur.

Quatre enfants, 1924-1932

Le ménage s’installe à Lesve, le village de Léa, et c’est là que naissent ses quatre enfants. Marie vient la première, le 16 septembre 1924 : Léa a vingt-trois ans. Lucienne suit le 1ᵉʳ août 1926. Le 3 octobre 1929, à deux heures de l’après-midi, elle met au monde Angèle Adeline Ghislaine, la mère de Didier ; elle a vingt-huit ans. Joseph, le seul garçon, naît le 7 mars 1932 à midi. Chaque fois l’acte la dit ménagère, et chaque fois c’est Célestin qui va déclarer l’enfant et signe.

Le 31 mai 1946, Marie, l’aînée, épouse à Lesve Jacques Michaux, un maçon né à Malonne. Léa et Célestin consentent et signent ; elle écrit « Defleur Léa ».

Le 23 mars 1951, c’est Lucienne, sa deuxième fille, qui se marie à la maison communale, avec Jean André, un cultivateur du village. Léa et Célestin sont là, consentent et signent ; elle écrit « L Defleur ».

Le 1er juin 1956, Angèle se marie à son tour à la maison communale de Lesve, avec Franz Heyvaert. L’acte nomme sa mère Léa Marie Gislaine Defleur, sans profession, domiciliée au village avec Célestin. Le mari de sa fille aînée Marie, Jacques Michaux, est l’un des témoins.

Juillet 1962

Ce n’est pourtant pas lui qui va la déclarer le lendemain matin, mais deux hommes de la famille : Jacques Michaux, le mari de sa fille aînée Marie, ouvrier maçon, et Ernest Michel, ouvrier de glacerie, le mari de sa sœur Marie Joséphine. Huit ans plus tôt, c’était déjà Ernest qui avait déclaré la mort de leur père.

Du seizième jour du mois de juillet mil neuf cent soixante-deux à onze heures. N° 14. ACTE DE DÉCÈS de Léa Marie Gislaine Defleur, épouse de Célestin Joseph Gislain Warnant, décédée le quinze dito à dix-sept heures, née à Lesve, le n° 367, fille de Sébastien Joseph Defleur, profession décédé, domicilié en dernier lieu à Lesve, et de Pélagie Marie Jadot son épouse, profession décédée, domiciliée en dernier lieu à Lesve. Sur la déclaration faite par Jacques Félix Marie Ghislain Michaux, âgé de quarante-neuf ans, demeurant à Lesve, profession ouvrier maçon, qui a dit être gendre de la défunte, et par Ernest Joseph Ghislain Michel, âgé de cinquante et un ans, demeurant à Lesve, profession ouvrier de glaceries, qui a dit être beau-frère de la défunte. Constaté suivant la loi par moi Arsène Jules Frédéric Ghislain Rossomme, bourgmestre**, faisant les fonctions d’officier public de l’état civil de la commune de Lesve, et après lecture faite aux comparants lesquels ont signé avec moi.

Signé : Michaux J ; E. Michel ; Rossomme.

Célestin ne lui survit que de quelques mois : les arbres en ligne le font mourir à la fin d’octobre de la même année.

Ce qu’on ne peut pas encore raconter

Les registres de population de Lesve, au guichet de Profondeville, suivent un ménage année par année. Ce sont eux qui diraient enfin où et comment cette famille a vécu.

Sources