La petite histoire

Sosa 15 · Génération IV · Les bisaïeuls · Branche Defleur

Pélagie Marie Jadot

1874 – 1918

Vérifié sur document

Nommée « Pélagie Marie » en 1899 et 1906, mais simplement « Marie Jadot » sur l’acte de naissance de sa fille Léa en 1900, et sur son certificat d’identité de 1915 : l’usage n’a retenu qu’une partie du prénom composé. Six enfants à Lesve de 1900 à 1913. Son Personal-Ausweis, délivré sous l’occupation le 18 novembre 1915, donne ce qu’aucun acte ne donne : elle habite Lesve rue sur les Fosses, elle y vit depuis sa naissance, et elle mesure un mètre soixante-cinq. Meurt à Lesve le 12 janvier 1918 à cinq heures, à quarante-trois ans, dix mois après sa mère ; son mari, ouvrier agricole, la déclare et signe ; son père est encore vivant, garde champêtre. En 1919, la carte d’identité de son mari le dit encore « veuf Jadot Marie », rue sur les Fosses. En 1935, l’acte de mariage de sa fille Marie Joséphine vise son acte de décès du 12 janvier 1918 et corrige le prénom dans le texte même : « Marie lisez Pélagie Marie Jadot ».

Naissance7 juillet 1874, Lesve
Décès12 janvier 1918, Lesve
ProfessionMénagère
RésidenceLesve
UnionSébastien Joseph Defleur — mariés le 2 septembre 1899, Lesve
Sa parenté proche · voir dans l’arbre
Julien JosephJadot1844 – 1923Béatrix JosephMisson1841 – 1917
Pélagie MarieJadot1874 – 1918Sébastien JosephDefleur1873 – 1954

Les pièces

Les documents d’archives rassemblés pour cette personne — cliquer pour ouvrir l’image en pleine taille.

Acte de naissance, Lesve, 7 juillet 1874, n° 16.
Acte de naissance, Lesve, 7 juillet 1874, n° 16.1874-07-07_acte-naissance-Lesve_n16.jpg
Sa carte d'identité de l'occupation (Personal-Ausweis n° 625), Lesve, 18 novembre 1915 ; original conservé dans la famille.
Sa carte d’identité de l’occupation (Personal-Ausweis n° 625), Lesve, 18 novembre 1915 ; original conservé dans la famille.1915-11-18_personal-ausweis-Lesve-n625.jpg
Sa carte d'identité de l'occupation, Lesve, 18 novembre 1915, second cliché.
Sa carte d’identité de l’occupation, Lesve, 18 novembre 1915, second cliché.1915-11-18_personal-ausweis-Lesve-n625_second-cliche.jpg
Sa carte d'identité de l'occupation, Lesve, 18 novembre 1915, troisième cliché, pris chez sa petite-fille.
Sa carte d’identité de l’occupation, Lesve, 18 novembre 1915, troisième cliché, pris chez sa petite-fille.1915-11-18_personal-ausweis-Lesve-n625_troisieme-cliche.jpg
Le dos de sa carte d'identité de l'occupation, 1915 : l'avis imprimé en trois langues.
Le dos de sa carte d’identité de l’occupation, 1915 : l’avis imprimé en trois langues.1915-11-18_personal-ausweis-Lesve-n625_verso.jpg
Acte de décès, Lesve, 15 janvier 1918, n° 1.
Acte de décès, Lesve, 15 janvier 1918, n° 1.1918-01-12_acte-deces-Lesve-n1.jpg

Ce que les actes racontent

Née à deux heures du matin, déclarée le soir même

Le 7 juillet 1874, à huit heures du soir, Julien Joseph Jadot se présente devant le bourgmestre de Lesve pour déclarer une fille née chez lui le matin même, à deux heures. Il a trente ans, il est aoûteron — l’ouvrier qu’on loue pour la moisson — et l’on est au cœur de l’été : la déclaration a attendu la fin de la journée de travail.

Il amène deux voisins, Constant Caquet, journalier de cinquante-sept ans, et Pierre Pochet, cabaretier de quarante-quatre. L’enfant reçoit les prénoms de Pélagie Marie. Sa mère, Béatrix Joseph Misson, est ménagère ; elle a déjà eu quatre enfants en quatre ans.

Au bas de l’acte, les quatre hommes signent. Julien Jadot trace son nom en minuscules serrées, julien jadot, sans majuscule. Son propre beau-père, aoûteron comme lui, n’avait pas su le faire à son mariage cinq ans plus tôt. L’acte, tel que le bourgmestre l’a rédigé :

Du Septième jour du mois de Juillet mil huit cent soixante-quatorze, à huit heures du Soir — ACTE DE NAISSANCE de Pélagie Marie Jadot, née à Lesve, le même jour à deux heures du matin, fille de Julien Joseph Jadot, profession d’aoûteron, demeurant à Lesve province de Namur, et de Béatrix Joseph Misson, demeurant à Lesve, profession de ménagère. Le sexe de l’enfant qui a été présenté a été reconnu être féminin. Premier témoin Constant Caquet, âgé de cinquante-sept ans, domicilié à Lesve, profession de journalier. Second témoin Pierre Pochet, âgé de quarante-quatre ans, domicilié à Lesve, profession de cabaretier. Sur la déclaration faite par ledit Julien Joseph Jadot. Constaté suivant la loi, par moi Lambert Joseph Legros, bourgmestre faisant les fonctions d’officier public de l’état-civil de la commune de Lesve, et après lecture faite aux témoins et déclarant ils ont signé avec moi. Signé : julien jadot · P. Pochet · Constant Caquet · L. J. Legros.

Un papier de l’occupation, et une adresse

Elle épouse Sébastien Joseph Defleur en 1899 et lui donne six enfants à Lesve, de 1900 à 1913. Puis vient la guerre, et avec elle un papier que la famille a gardé cent onze ans.

Le 18 novembre 1915, la commune lui délivre un certificat d’identité — l’occupant en exige un de chaque habitant. Le formulaire est imprimé en trois langues : l’allemand en gros caractères, le néerlandais en italique, le français en romain. Les réponses, elles, sont écrites en français par l’employé communal.

On y apprend ce que vingt-cinq actes d’état civil n’avaient jamais dit. Elle habite rue sur les Fosses, à Lesve ; le numéro est coupé au bord du papier, et la carte de son mari, en 1919, donnera le 151 — sans doute le même. Elle mesure un mètre soixante-cinq. Et à la question de savoir depuis quand elle réside dans la commune, l’employé écrit trois mots : « depuis sa naissance ».

Une photographie est collée au bas du document, sous les deux cachets de la commune. C’est peut-être le seul portrait qui existe d’elle.

Deux lignes plus haut, à la case des témoins, un nom : Michel, avec un numéro. Il n’y a qu’une famille de ce nom au village à cette date. Vingt ans plus tard, le 30 août 1935, un de ses fils, Ernest, épousera une des filles de cette femme-ci, Marie Joséphine — mais personne ne le sait encore, et ce jour-là il n’est qu’un voisin qui atteste d’une identité.

Morte à quarante-trois ans, en janvier 1918

Elle meurt le 12 janvier 1918, à cinq heures du matin, à quarante-trois ans, dans la dernière année de la guerre. Son mari vient la déclarer trois jours plus tard, avec le secrétaire communal, et signe. L’acte dit son père encore vivant, toujours garde champêtre, et sa mère morte : Béatrix Misson l’avait précédée de dix mois. Six enfants restent, de quatre à dix-sept ans ; l’aînée, Léa, se mariera deux ans plus tard. L’acte :

Du quinzième jour du mois de janvier mil neuf cent dix-huit, à seize heures. N° 1. ACTE DE DÉCÈS de Pélagie Marie Jadot, épouse de Sébastien Joseph Defleur, décédée le douze courant à cinq heures, profession de ménagère, âgée de quarante-trois ans, née à Lesve, demeurant à Lesve, fille de Julien Joseph Jadot, profession de garde champêtre, domicilié en dernier lieu à Lesve, et de feu Béatrix Joseph Misson, profession de ménagère, domiciliée en dernier lieu à Lesve. Sur la déclaration faite par Sébastien Joseph Defleur, âgé de quarante-quatre ans, demeurant à Lesve, profession d’ouvrier agricole, qui a dit être époux de la défunte, et par Isidore Servin, âgé de quarante-huit ans, demeurant à Lesve, profession de secrétaire communal, qui a dit être connu de la défunte. Constaté suivant la loi par moi Émile Guyaux, échevin, faisant les fonctions d’officier public de l’état-civil de la commune de Lesve, et après lecture faite aux témoins, lesquels ont signé avec moi. E. Guyaux · J Defleur · I. Servin.

Sources