La petite histoire

Collatéral · fille d’Hadelin Joseph Defleur (sosa 28)

Aline Ghislaine Defleur

1888

Vérifié sur document

La dernière-née d’Hadelin Defleur et de Joséphine Collard, neuf ans après sa sœur Marie Joseph : son acte est celui qui ferme la fratrie. Née à Sommière le 20 avril 1888 à sept heures du matin ; son père, journalier de quarante-cinq ans, vient la déclarer le soir même et signe. Le premier témoin est Joseph Henuset, directeur de carrière, le mari de sa tante — celui-là même qui déclarera la mort de son grand-père Gaspard seize mois plus tard. Journalière agricole, elle épouse à Sommière le 1ᵉʳ novembre 1912, à dix-huit heures, Sébastien Joseph Ghislain Frérotte, maçon du village né le 11 février 1888 — ils ont vingt-quatre ans tous les deux. Les quatre parents sont là, consentants, et les neuf comparants signent. C’est ce mari que l’acte de décès de son père, en 1920, appellera « Fiérotte » en le disant son gendre : l’employé avait mal entendu.

Naissance20 avril 1888, Sommière
ProfessionJournalière agricole
RésidenceSommière
UnionSébastien Joseph Ghislain Frérotte — mariés le 1ᵉʳ novembre 1912, Sommière
Sa parenté proche · voir dans l’arbre
Hadelin JosephDefleur1842 – 1920JoséphineCollard1846 – 1915
Aline GhislaineDefleur1888Sébastien Joseph GhislainFrérotte1888

Les pièces

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Son acte de naissance — Sommière, 20 avril 1888, n° 4
Son acte de naissance — Sommière, 20 avril 1888, n° 41888-04-20_acte-naissance-Sommiere_n4.jpg
Acte de mariage de Sébastien Joseph Ghislain Frérotte et d'Aline Ghislaine Defleur, Sommière, 1ᵉʳ novembre 1912, n° 2 du registre supplémentaire — les époux et leurs parents, les pièces lues ; puis les consentements, les témoins, les neuf signatures et la clôture du registre supplémentaire ; les deux pages l'une sous l'autre
Acte de mariage de Sébastien Joseph Ghislain Frérotte et d’Aline Ghislaine Defleur, Sommière, 1ᵉʳ novembre 1912, n° 2 du registre supplémentaire — les époux et leurs parents, les pièces lues ; puis les consentements, les témoins, les neuf signatures et la clôture du registre supplémentaire ; les deux pages l’une sous l’autre1912-11-01_acte-mariage-Sommiere-n2-supplement.jpg

Ce que les actes racontent

La dernière, neuf ans après

Sa mère a quarante-deux ans quand elle naît, et cela faisait neuf ans que la maison n’avait plus vu de berceau. Marie Joseph, la sœur qui la précède, est née en septembre 1878 ; Aline vient le 20 avril 1888, à sept heures du matin.

Le même jour, à six heures du soir, son père va la déclarer à la maison communale. Il a quarante-cinq ans, il est journalier, et il signe — ce qui n’allait pas de soi dans cette famille où l’on faisait plus souvent une croix.

N° 4. Du vingtième jour du mois d'Avril mil huit cent quatre-vingt-huit, à six heures du soir. ACTE DE NAISSANCE de Aline Ghislaine Defleur, née à Sommière, le jourd’hui à sept heures du matin, fille de Adelin Defleur, âgé de quarante-cinq ans, profession de journalier, demeurant à Sommière, et de Joséphine Collard, âgée de quarante-deux ans, profession de ménagère, demeurant à Sommière. Le sexe de l’enfant qui a été présenté a été reconnu être féminin. Premier témoin Joseph Henuset, âgé de quarante ans, profession Directeur de carrière, domicilié à Sommière. Second témoin Art Adolphe, âgé de trente six ans, profession d’instituteur, domicilié à Sommière. Sur la déclaration faite par Adelin Defleur, père de l’enfant. Constaté suivant la loi, par moi Ambroise Marlet, bourgmestre, faisant les fonctions d’officier public de l’état-civil de la commune de Sommière, et après lecture faite aux témoins et déclarant lesquels ont signé avec moi.

Signé : A. Art · A. Defleur · J. Henuset · A. Marlet.

Il n’est pas venu seul. Le premier témoin est Joseph Henuset, quarante ans, directeur de carrière : c’est le mari de sa sœur, et donc l’oncle par alliance de l’enfant qui vient de naître. Seize mois plus tard, ce même Joseph Henuset se présentera à la même maison communale pour déclarer, cette fois, la mort du grand-père Gaspard. Le second témoin est l’instituteur du village, qu’on retrouve sur presque tous les actes de ces années-là.

Le mariage, et un nom qu’on croyait perdu

Le 1ᵉʳ novembre 1912, à six heures du soir, elle épouse Sébastien Frérotte, maçon, né au village deux mois avant elle. Ils ont vingt-quatre ans tous les deux.

L’an mil neuf cent et douze, du mois de Novembre, le premier jour, à dix-huit heures, pardevant moi Milicamp François, Bourgmestre […] commune de Sommière, sont comparus en séance publique, en la maison communale : Frérotte Sébastien Joseph Ghislain, célibataire, âgé de vingt-quatre ans, né à Sommière, profession de maçon, domicilié à Sommière, fils majeur de Frérotte Jules, cultivateur, demeurant à Sommière, et de Marron Cécile, sans profession ; Et Defleur Aline Ghislaine, célibataire, âgée de vingt-quatre ans, née à Sommière, profession de journalière agricole, domiciliée à Sommière, fille majeure de Defleur Adelin, journalier, demeurant à Sommière, et de Collard Joséphine, sans profession. […] 1° acte de naissance de Frérotte […] né à Sommière le onze février mil huit cent quatre-vingt-huit ; 2° acte de naissance de Defleur Aline Ghislaine […] née à Sommière le dix-neuf avril mil huit cent quatre-vingt-huit ; 3° […] publié le dimanche vingt octobre dernier ; 4° certificat du Gouverneur de la province de Namur du neuf octobre, milice nationale ; 5° chapitre six du titre cinq du Code civil.

Après cette lecture, Frérotte Jules, Marron Cécile, Defleur Adelin et Collard Joséphine, ici présents, ont déclaré donner leur consentement au mariage de leur fils et de leur fille. […] Les nouveaux époux ont déclaré qu'aucun contrat de mariage n’a été passé entre eux. Le tout en présence de Monceaux Alexandre, journalier, vingt-quatre ans, cousin sous-germain de l’épouse, demeurant à Sommière ; de Conon Victor, cultivateur, vingt-huit ans, beau-frère de l’époux, à Sommière. […] lesquels ont signé avec moi.

Signé : Sébastien Frérotte · Aline Defleur · C. Marron · V. Conon · A. Monceaux · Frérotte J. · J. Collard · A. Defleur · F. Milicamps.

L’acte a failli nous échapper. Le registre des mariages de 1912 avait été clos le 20 juillet, sur six actes ; il fallait un registre supplémentaire pour les noces de l’automne, et c’est là, sur le second de ses deux feuillets, qu’on les trouve. L’index du village le signalait par une petite lettre s accolée au numéro — un détail qu’on prend d’abord pour une rature.

Les quatre parents sont présents et donnent leur consentement. Puis neuf personnes signent, et aucune ne fait de croix : les deux mariés, les quatre parents, les deux témoins et le bourgmestre. Parmi les signatures, celle du marié règle une vieille question. Huit ans plus tard, c’est lui qui viendra déclarer la mort de son beau-père, et l’employé de ce jour-là écrira son nom « Fiérotte ». Ici, il signe lui-même : Frérotte.

Les témoins, comme souvent, en disent plus qu’ils ne croient. L’un est cultivateur et beau-frère du marié. L’autre, Alexandre Monceaux, journalier de vingt-quatre ans, se déclare cousin sous-germain de l’épouse — et ce nom-là, sous une graphie voisine, était déjà celui d’un témoin au mariage de sa sœur aînée, dix-neuf ans plus tôt. Il y a, quelque part dans la famille de leur mère, une alliance que nous n’avons pas encore trouvée.

Sources