La petite histoire

Sosa 55 · Génération VI · Les quadrisaïeuls · Branche Warnant

Marie Thérèse Dantar

1784 – 1863

aussi écrite Dautar (1812), Bantar (1855), Bantard (1894), Dantard (1863)

Vérifié sur document

Née à Lesve le 9 août 1784 à sept heures du soir et baptisée le lendemain, sous le nom de Marie Thérèse Joseph, fille de Jean Nicolas Dantar et de Julienne Marie Joseph Colart, tous deux natifs d'Arbre (6). Son acte de mariage la fera naître le 24 août : il redit une date, le baptême la constate — c'est le baptême qui l'emporte. Le curé écrit « Dantar », ce qui referme la question du B et du D : l'acte le plus proche du fait, et le seul où elle paraisse enfant, porte le D. Son acte de mariage donne l'âge, vingt-sept ans (4) ; son père y est déjà mort, et c'est sa mère qui consent. Elle a donc quarante-six ans à la naissance de sa fille Séraphine, en 1830 : celle-ci est vraisemblablement la dernière d'une fratrie encore à trouver — la table décennale des naissances de Lesve porte un Collart né en février 1818, que l'index nominatif de Namur nomme Ferdinand Joseph, fils du couple. Ménagère à Lesve. Nommée dans l'acte de naissance de sa fille Séraphine, en 1830, puis dans l'acte de mariage de cette fille, en 1855, où elle est présente, consentante, et où elle déclare ne savoir signer. Inconnue de tous les arbres consultés. Son patronyme diverge d'un acte à l'autre, et chacune des deux lectures est cohérente avec la main qui la trace. C'est l'acte de naissance qui l'emporte — il constate, sur la déclaration du mari présent et signataire, quand celui de 1855 recopie un extrait vingt-cinq ans plus tard. Veuve pendant huit ans, elle meurt à Lesve le 12 juin 1863 à onze heures du soir, et c'est son gendre Félix Beaupère qui la déclare, comme il avait déclaré son mari (1). L'acte écrit son nom avec un D, dit vrai sur son village natal, et la vieillit de trois ans.

Naissance9 août 1784, Lesve
Décès12 juin 1863, Lesve
ProfessionMénagère
RésidenceLesve
UnionJacques Joseph Colart — mariés le 17 mai 1812, Lesve
Sa parenté proche · voir dans l’arbre
Marie ThérèseDantar1784 – 1863Jacques JosephColart1778 – 1855
SéraphineColart1830 – 1894

Les pièces

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Son acte de baptême — Lesve, 10 août 1784 : il la date au jour, nomme ses parents, les dit natifs d'Arbre, et fait venir la marraine de Bourgogne
Son acte de baptême — Lesve, 10 août 1784 : il la date au jour, nomme ses parents, les dit natifs d'Arbre, et fait venir la marraine de Bourgogne1784-08-10_bapteme-Lesve.jpg
Son acte de décès — Lesve, 15 juin 1863 : veuve de Jacques Colart, déclarée par son gendre, l'acte écrit son nom avec un D
Son acte de décès — Lesve, 15 juin 1863 : veuve de Jacques Colart, déclarée par son gendre, l'acte écrit son nom avec un D1863-06-15_acte-deces-Lesve_n11.jpg

Ce que les actes racontent

Deux greffiers, deux noms

Pendant longtemps, elle n'a existé que dans deux documents, et ils ne l'appelaient pas pareil.

Celui de 1830, l'acte de naissance de sa fille, écrit Dantar. Celui de 1855, l'acte de mariage de cette même fille, écrit « Bantar ». Une lettre d'écart, celle du début — et pendant quelques heures, en 2026, c'est la mauvaise qui a été retenue.

Le doute vient de ce que le B et le D se ressemblent, sous ces plumes-là. Pour trancher, on cherche la même lettre ailleurs sur la page : chaque scribe a sa façon de tracer ses majuscules, et il s'y tient. L'exercice a été fait deux fois. Dans l'acte de 1855, la lettre est bien celle que le greffier emploie pour écrire Beaupère : un B. Dans celui de 1830, elle est celle qu'il emploie pour écrire Du, et rien de celle de Boucher : un D.

Les deux lectures étaient justes. Ce sont les deux hommes qui n'avaient pas écrit la même chose.

Ce qui départage

Alors on change de question. Non plus « qu'a tracé ce scribe ? », mais « lequel de ces deux documents était le mieux placé pour savoir ? ».

L'acte de 1830 est dressé trois heures après l'accouchement, sur la parole du mari, présent dans la pièce, qui signe au bas de la page. Celui de 1855 recopie un extrait, vingt-cinq ans plus tard, dans une autre commune. Le premier constate ; le second répète.

Elle s'appelle Dantar.

Le dernier mot est au curé

Deux actes de plus, retrouvés le même jour, ont tranché plus sûrement que toute comparaison de lettres. Son mariage d'abord : le 17 mai 1812, à vingt-sept ans, elle épouse Jacques Joseph Colart à Lesve. Son père est mort ; sa mère consent et déclare ne savoir signer ; elle non plus. Le greffier l'écrit ce jour-là « Dautar », d'une quatrième façon.

Puis son baptême. Elle naît à Lesve le 9 août 1784, à sept heures du soir, et le curé la baptise le lendemain. En marge, de sa main, il écrit dantar. C'est le seul acte où elle paraisse enfant, le plus proche du fait, et il donne la lettre que sa fille portera en 1830. Le mariage de 1812, lui, la faisait naître le 24 août : un extrait recopié vingt-huit ans plus tard, et un chiffre qui glisse.

dantar [en marge] — L'an mil sept cens quatre vingt quatre le dix du mois d'août a été baptisée Marie Therese Joseph, née en légitime mariage le jour précédent à 7 heures du soir, fille de jean Nicolas Dantar et de julienne Marie joseph Colart, tous deux natifs d'arbre, ses père et mère. Le parrain a été Nicolas joseph Cuvellier natif de godinne et la marraine Marie Magdelaine Dantar native de Chalon en bourgogne. La marque † de jean Nicolas Dantar. La marque † de Marie Magdelaine Dantar. (signé) N. J. Cuvelier · J. A. Thiry, curé.

L'acte dit deux choses de plus. Ses parents, Jean Nicolas Dantar et Julienne Marie Joseph Collart, sont « tous deux natifs d'Arbre » : c'est là, et non à Lesve, qu'il faudra chercher leurs traces. Et la marraine, une Dantar elle aussi, est native de Chalon, en Bourgogne — le nom n'est pas du pays.

Ménagère à Lesve, mariée à un journalier, mère d'au moins une fille : elle est encore là en février 1855, au mariage de Séraphine, où elle consent et déclare ne savoir écrire, comme sa fille à côté d'elle, quand son mari signe.

Huit ans de veuvage

Son mari meurt quatre mois après ce mariage. Elle lui survit huit ans et meurt à Lesve, le 12 juin 1863, à onze heures du soir.

C'est Félix Beaupère qui revient à la maison communale, trois jours plus tard. Il a trente-huit ans maintenant, il est cultivateur, et il dit être le beau-fils de la défunte — exactement les mots qu'il avait employés en juin 1855 pour le père. Il signe, comme toujours.

L'acte l'appelle « Marie Thérèse Dantard, veuve de Jacques Colart ». Un D, une cinquième façon d'écrire ce nom — et cette fois du bon côté. Il la dit née à Lesve, ce qui est vrai : dans une famille où trois actes de décès de suite se trompent de village, celui-là tombe juste.

Il la vieillit tout de même. Quatre-vingt-un ans, dit-il ; elle en avait septante-huit.

Du quinzième jour du mois de juin mil huit cent soixante-trois, à huit heures du matin. Acte de décès de Marie Thérèse Dantard, veuve de Jacques Colart, décédée le douze à onze heures du soir, profession de ménagère, âgée de quatre-vingt-un ans, née à Lesve, demeurant à Lesve province de Namur, fille de feu Jean Nicolas Dantard, profession de journalier, domicilié en dernier lieu à Lesve, et de feue Julienne Marie Joseph Colart, profession de ménagère, domiciliée en dernier lieu à Lesve. Sur la déclaration faite par Félix Beaupère, âgé de trente-huit ans, demeurant à Lesve, profession de cultivateur, qui a dit être beau-fils de la défunte, et par Ambroise Coume, âgé de quarante-huit ans, demeurant à Lesve, profession de chasseur, qui a dit être connu de la défunte. Constaté par Athanase Wyseur, échevin délégué. (signé) félix Beaupère · Coume

Une dernière chose, qui n'est pas pour elle mais pour ses parents. L'acte les dit tous deux morts et domiciliés en dernier lieu à Lesve, quand son baptême les disait natifs d'Arbre. Ils ont donc fait le chemin entre les deux villages, et leurs morts sont à chercher ici, leurs naissances là-bas.

Sources