La petite histoire

Sosa 54 · Génération VI · Les quadrisaïeuls · Branche Warnant

Jacques Joseph Colart

1778 – 1855

aussi écrit Jacques Joseph Collart (1812)

Vérifié sur document

Né à Lesve le 19 novembre 1778 — son acte de mariage donne le jour et l'âge, trente-trois ans, et l'écrit « septante-huit », à la wallonne (4). Les arbres consultés le font naître en 1796 : c'est un homonyme du village, un garçon de quinze ans ne se mariant pas en 1812. Journalier toute sa vie : il l'est déjà à son mariage, il l'est encore à la naissance de sa fille Séraphine en 1830 et au mariage de celle-ci en 1855 — quarante-trois ans au même métier. C'est lui qui vient déclarer la naissance de cette fille, trois heures après l'accouchement, et il signe ; il est de nouveau présent et consentant au mariage de cette fille, où il signe encore, quand sa femme et sa fille déclarent toutes deux ne savoir écrire. Son acte de mariage l'écrit « Collart », à deux l ; c'est sa fille que la plume de 1881 écrira « Colard ». Il meurt à Lesve le 21 juin 1855 à onze heures du soir, quatre mois après avoir marié cette fille, et c'est le gendre de février qui vient le déclarer (0). L'acte le dit cultivateur, et non plus journalier, et lui donne septante et six ans — l'âge exact de son baptême. Il le dit né à Arbre : c'est faux, et c'est le domicile de ses parents ; lui-même s'était déclaré né à Lesve en 1812, en signant.

Naissance19 novembre 1778, Lesve
Décès21 juin 1855, Lesve
ProfessionJournalier · Journalier · Cultivateur
RésidenceLesve
UnionMarie Thérèse Dantar — mariés le 17 mai 1812, Lesve
Sa parenté proche · voir dans l’arbre
Jacques JosephColart1778 – 1855Marie ThérèseDantar1784 – 1863
SéraphineColart1830 – 1894

Les pièces

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Son acte de baptême — Lesve, 19 novembre 1778, en latin : il nomme ses deux parents et confirme le prénom de sa mère par une rature du curé
Son acte de baptême — Lesve, 19 novembre 1778, en latin : il nomme ses deux parents et confirme le prénom de sa mère par une rature du curé1778-11-19_bapteme-Lesve.jpg
Son acte de mariage — Lesve, 17 mai 1812 : il y donne sa date de naissance au jour, ses deux parents, ceux de son épouse, et un frère témoin
Son acte de mariage — Lesve, 17 mai 1812 : il y donne sa date de naissance au jour, ses deux parents, ceux de son épouse, et un frère témoin1812-05-17_acte-mariage-COLART-DAUTARD.jpg
Son acte de décès — Lesve, 22 juin 1855 : son gendre de quatre mois le déclare, l'acte le dit cultivateur et lui donne septante et six ans
Son acte de décès — Lesve, 22 juin 1855 : son gendre de quatre mois le déclare, l'acte le dit cultivateur et lui donne septante et six ans1855-06-22_acte-deces-Lesve_n17.jpg

Ce que les actes racontent

Un journalier qui signe

Le 29 novembre 1830, à sept heures du matin, une fille naît chez Jacques Joseph Colart, journalier à Lesve. Trois heures plus tard il est à la maison communale pour la déclarer. Deux voisins l'accompagnent, le maréchal-ferrant et le boucher du village — les témoins de service, ceux qu'on trouve à toutes les naissances de la semaine. L'enfant s'appellera Séraphine.

Au bas de l'acte, il signe. jacques joseph Colart, de sa main.

Cela mérite qu'on s'arrête. Dans cette famille et à cette époque, la plupart font une croix ou déclarent ne savoir écrire : sa femme ne signe pas, sa fille ne signera jamais, et dans la branche voisine les deux grands-pères font leur marque au mariage de leurs enfants. Lui écrit son nom.

Vingt-cinq ans plus tard, la même main

On le retrouve le 11 février 1855, dans la même maison communale, pour marier cette fille à un journalier venu d'Arbre. Il est toujours journalier ; il est toujours de Lesve. Il donne son consentement, et il signe encore.

Ce jour-là, sur les cinq personnes qui comparaissent, deux seulement savent écrire : le marié, et lui. Sa femme, sa fille et les deux parents du marié déclarent tous quatre ne pas savoir. La ligne de partage ne passe pas entre les familles ni entre les métiers — elle passe entre les hommes et les femmes, et elle laisse Jacques Joseph du bon côté.

La porte s'est ouverte

Son mariage a fini par se retrouver, et il recule sa vie de dix-huit ans.

Le 17 mai 1812, à dix heures du matin, il épouse Marie Thérèse Dantar — que le greffier écrit ce jour-là « Dautar ». Il a trente-trois ans — il est né au village le 19 novembre 1778, quand Lesve n'avait encore que son curé pour tenir les registres. Il est déjà journalier : ce sera son métier pendant quarante-trois ans au moins, jusqu'au mariage de sa fille.

L'acte nomme enfin ses parents, Jean Joseph Colart et Marie Reine Notte, tous deux vivants ce jour-là. Du côté de la mariée, le père est mort ; c'est la mère qui vient consentir, et qui ne sait pas signer. Le premier témoin est un frère, Charles Joseph, journalier lui aussi, de trente et un ans — qui se mariera à son tour l'année suivante.

Au bas de la page, il signe. Sa femme ne le peut pas. On le savait déjà de 1830 et de 1855 ; on sait maintenant que cela durait depuis le premier jour. L'acte de mariage :

Du dix-septième jour du mois de may mil huit cent douze, à dix heures du matin. Acte de mariage de jacques joseph Colart, âgé de trente-trois ans, né à Lesve sous la ci-devant paroisse dudit lieu, département de Sambre-et-Meuse, le dix-neuf novembre mil sept cent septante-huit, profession de journalier, demeurant en cette commune, fils de jean joseph Colart, demeurant à Lesve, et de marie Reine Notte. Et de Marie Therese Dautar, âgée de vingt-sept ans, née à Lesve le vingt-quatre du mois d'août mil sept cent quatre-vingt-quatre, demeurant à Lesve, fille de jean Nicolas Dautard, décédé, demeurant à Lesve, et de julienne marie joseph Collart, mère consentante, mais déclaré ne savoir signer. En présence de Charles Joseph Colart, frère du conjoint, journalier, trente-et-un ans · Nicolas Legros, dudit lieu, marchand de bois, trente-neuf ans · François Joseph Collet, dudit lieu, tisserand, trente ans · Urbain Joseph Clause, dudit lieu, maréchal-ferrant, cinquante-sept ans. […] la conjointe ayant déclaré ne savoir signer(signé) jacques joseph collart.

Et son baptême, le dernier acte de la dernière page d'un registre, traduit du latin. Le curé avait écrit « Josephæ » pour le prénom de la mère, l'a biffé et a écrit « Reginæ » au-dessus — la rature vaut mieux qu'une seconde main :

Colart [en marge] — Le 19 novembre a été baptisé Jacobus Josephus, fils légitime de Joannes Josephus Colart et de Maria ~~Josepha~~ Regina Notte, époux. L'ont tenu sur les fonts Jacobus Nameche et Maria Josepha Notte.

Quatre mois

Jacques Joseph meurt à Lesve le 21 juin 1855, à onze heures du soir. Quatre mois plus tôt, il avait signé le mariage de sa fille.

C'est le marié de février qui vient le déclarer, le lendemain à sept heures du soir. Félix Beaupère a vingt-neuf ans, il est jardinier, il habite Lesve maintenant, et il dit être le beau-fils du défunt. Sept semaines plus tôt, dans la même maison communale, il était venu déclarer son premier enfant, mort à dix-sept jours. Il reviendra pour son propre père l'année suivante, pour sa belle-mère en 1863, pour sa mère en 1877. Cinq fois en vingt-deux ans, et cinq fois il signe.

L'acte apprend deux choses. Jacques Joseph n'est plus journalier : il est cultivateur. Entre le mariage de février et l'été, quelque chose a changé dans sa condition — ou bien on a cessé, ce jour-là, de le décrire au plus bas.

Et son âge y est écrit en belge : septante et six ans. Le compte est juste au mois près, à partir de son baptême. L'acte de son mariage, en 1812, écrivait déjà l'année « septante-huit ». Ces registres-là comptaient comme on compte ici.

Du vingt-deuxième jour du mois de juin mil huit cent cinquante-cinq, à sept heures du soir. Acte de décès de Jacques Joseph Colart, époux de Marie Thérèse Joseph Dantar, décédé le vingt-un courant à onze heures du soir, profession cultivateur, âgé de septante et six ans, né à Arbre province de Namur, demeurant à Lesve, fils de feu Jean Joseph Colart, profession de journalier, domicilié en dernier lieu à Arbre, et de feue Marie Notte, profession de ménagère. Sur la déclaration faite par Félix Joseph Beaupère, âgé de vingt-neuf ans, demeurant à Lesve, profession de jardinier, qui a dit être beau-fils du défunt, et par Ferdinand Beaupère, âgé de cinquante-huit ans, demeurant à Lesve, profession de cultivateur, qui a dit être connu du défunt. Constaté par Athanase Wyseur, échevin délégué. (signé) félix beaupere · F. J. Beaupere

Une seule chose y est fausse, et c'est la même que dans les deux actes voisins : on l'y dit né à Arbre. Il était né à Lesve, et il l'avait dit lui-même quarante-trois ans plus tôt, en signant. Le gendre de quatre mois a donné ce qu'il savait — d'où venaient les Colart — au lieu de ce qu'on lui demandait.

Un homonyme à écarter

Plusieurs arbres le font naître en 1796. C'est impossible : il aurait eu quinze ans le jour de ses noces. Il y avait simplement, au même village, un autre Jacques Joseph Colart, plus jeune d'une génération. Le prénom se transmettait d'oncle en neveu, et c'est ainsi qu'on perd un ancêtre dans un autre.

Sources