La petite histoire

Sosa 52 · Génération VI · Les quadrisaïeuls · Branche Warnant

François Joseph Beaupère

1784 – 1856

Vérifié sur document

Né et baptisé à Lesve le 31 août 1784, à midi, de parents natifs de la paroisse (7) : son acte de mariage, trente-deux ans plus tard, donne la même date au jour, mais le dit né à Besinne — c'était son domicile de 1816, non son berceau. Journalier toute sa vie. Illettré : il signe son mariage d'une croix, et déclare encore ne savoir écrire en 1826 lorsqu'il vient déclarer en personne la naissance de son fils Félix. Vivant le 11 février 1855, à septante ans : il se déplace d'Arbre à Lesve pour assister au mariage de ce fils, y donne son consentement, et y déclare de nouveau ne savoir signer. Mort à Arbre le 29 décembre 1856 à onze heures du soir ; son fils Félix, trente ans, cultivateur, le déclare le lendemain et signe (8). L'acte le vieillit d'un an et abrège son prénom en Joseph, comme le fera celui de son fils en 1906. Inconnu de tous les arbres consultés.

Naissance31 août 1784, Lesve
Décès29 décembre 1856, Arbre
ProfessionJournalier
UnionÉléonore Joseph Julienne Lambert — mariés le 28 décembre 1816, Arbre
Sa parenté proche · voir dans l’arbre
François JosephBeaupère1784 – 1856Éléonore Joseph JulienneLambert1790 – 1877
CatherineBeaupère~1832 – 1914Félix JosephBeaupère1826 – 1906

Les pièces

Les documents d’archives rassemblés pour cette personne — cliquer pour ouvrir l’image en pleine taille.

Son acte de baptême, natif AGATHA (7)
Son acte de baptême, natif AGATHA (7)1784-08-31_bapteme-Lesve.jpg
Son acte de mariage
Son acte de mariage1816-12-28_acte-mariage-Arbre-Besinne.jpg
Son acte de décès (8)
Son acte de décès (8)1856-12-30_acte-deces-Arbre.jpg

Ce que les actes racontent

Une croix au bas d'un acte

François Joseph Beaupère a signé une seule chose dans sa vie, et c'est une croix. Le 28 décembre 1816, à huit heures du matin, il épouse à la maison communale d'Arbre une journalière comme lui, et l'acte s'achève sur cette mention : marqué + de François Joseph Beaupère pour ne savoir écrire. Sa femme fait de même. Dix ans plus tard, venant déclarer la naissance de son fils Félix, il déclarera encore ne savoir écrire.

Du vingt-huitième jour du mois de décembre mil huit cent seize […] ACTE DE MARIAGE de BEAUPÈRE François Joseph, âgé de trente-deux ans, né le trente-un du mois d'août 1784 à Besinne, province de Namur, profession de journalier, demeurant à Besinne, fils majeur de Antoine BEAUPÈRE, profession de journalier, demeurant à Besinne, et de Marie Hélène COLLART, décédée ; et de Éléonore Joseph Julienne LAMBERT, âgée de vingt-six ans, née le vingt septembre 1790 à Bihon, profession de journalière, demeurant à Besinne, fille majeure de LAMBERT Jean François, décédé, et de Catherine Joseph CLAUSE, ménagère, demeurant à Besinne. […] Par moi Jacques Joseph Huwart, maire de la commune d'Arbre.

Un seul acte, et la septième génération s'ouvre : les quatre parents des époux y sont nommés — deux vivants, deux morts. C'est la pièce qui a fait sauter le verrou de toute la branche d'Arbre.

Journalier de père en fils

Fils de journalier, journalier lui-même, marié à une journalière : la condition la plus modeste du monde rural, celle qui ne possède ni terre ni bail, et loue ses bras à la journée. Les témoins de sa noce disent le même milieu — un laboureur, un berger, deux domestiques, venus d'Arbre, de Saint-Gérard et de Fosses.

Le village qu'on lui avait pris

Son acte de mariage le dit né « à Besinne » — le hameau d'Arbre où il vit alors. Pendant quinze jours, on a donc cherché son baptême dans les registres de la paroisse d'Arbre, sans succès : ils ne sont pas numérisés. L'acte était ailleurs, et à portée de main.

L'an mil sept cent quatre-vingt-quatre le trente-un du mois d'août, a été baptisé François Joseph, né en légitime mariage le même jour à midi, fils de Antoine Beaupere et de Marie Helene Colart, natifs de la paroisse de Lesves, ses père et mère.

Il naît à Lesve, le 31 août 1784 à midi — et ses parents en sont. Le secrétaire de 1816 avait écrit le domicile là où on attendait le berceau ; l'erreur est si banale qu'elle se répète dans tous les registres. La date, elle, était juste au jour près, à trente-deux ans de distance.

Sous l'acte, trois croix : celle du parrain, celle de la marraine, et celle d'Antoine Beaupère. Le père ne savait pas écrire non plus.

Le trente décembre

François Joseph meurt le 29 décembre 1856, à onze heures du soir, journalier jusqu'au bout. Le lendemain à deux heures, son fils Félix vient le déclarer à la maison communale d'Arbre. Félix a trente ans et il est cultivateur : son père louait ses bras, lui travaille la terre. Au bas de l'acte, là où le défunt n'aurait pu tracer qu'une croix, il signe.

L'acte le vieillit d'un an : septante-trois ans au lieu de septante-deux. Il se trompe aussi de grand-père, en appelant Antoine « Jean Joseph ». Un fils de trente ans ne sait de son aïeul que ce qu'on lui en a dit, et cet aïeul-là était mort avant sa naissance. Ce sont les erreurs ordinaires des actes de décès : ils sont dictés de mémoire, quand les actes de baptême sont écrits devant le fait.

Une chose, en revanche, est dite sans détour : il est époux d'Éléonore Lambert, non pas veuf. Elle lui survit donc. Où et quand elle est morte, personne ne le sait encore.

Le prénom mangé, encore

En 1906, l'acte de décès de son fils le nomme « Beaupère Joseph ». Le même document ampute le fils de moitié — « Beaupère Félix » pour Félix Joseph. Deux générations, le même mécanisme : l'usage garde un morceau du prénom composé et l'administration l'enregistre tel quel. Si cette famille a un fil conducteur, c'est celui-là — et il faut le connaître pour ne pas croire à deux hommes là où il n'y en a qu'un.

Sources