La petite histoire

Sosa 42 · Génération VI · Les quadrisaïeuls · Branche Van de Winkel

Petrus Walravens

1795 – ap. 1854

Vérifié sur document

Quatre actes le font comparaître en personne, à vingt-six ans d'intervalle, et lui donnent le même âge à chaque fois : trente-trois ans en 1828, quarante-trois en 1838, cinquante-neuf en 1854, tous compatibles avec la date que porte son acte de mariage. Il déclare les quatre fois ne pas savoir écrire. Cultivateur au hameau d'Ossel, veuf depuis 1838, il fait le chemin de Merchtem en 1854 pour consentir au mariage de sa fille, dont il est le seul parent vivant. établit directement la filiation, et déclare avec ses deux témoins ne savoir écrire. L'acte de décès de cette fille, dressé soixante-huit ans plus tard, le nomme une seconde fois et ajoute qu'il est mort à Brussegem. Un homonyme, cultivateur lui aussi, sert de témoin à la naissance de 1828 : très probablement un parent proche, mais rien ne l'établit encore.

Naissance18 novembre 1795, Brussegem
Décèsaprès 1854, Brussegem
ProfessionCultivateur
UnionMaria Catharina De Donder — mariés le 26 avril 1827, Brussegem
Sa parenté proche · voir dans l’arbre
PetrusWalravens1795 – ap. 1854Maria CatharinaDe Donder1795 – 1838
Anna MariaWalravens1828 – 1896

Les pièces

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3 — Son acte de mariage, Brussegem, acte n° 1 de 1827.
3 — Son acte de mariage, Brussegem, acte n° 1 de 1827.1827-04-26_acte-mariage-Walravens-x-De-Donder_n01.jpg

Ce que les actes racontent

Quatre fois devant l'officier, quatre fois sans savoir signer

On rencontre Petrus Walravens quatre fois, sur vingt-sept ans, et toujours dans le même rôle : celui de l'homme qui comparaît, et qui ne peut pas signer ce qu'il vient de dire.

En avril 1827, il a trente et un ans et il se marie. Il est né à Ossel, un hameau de Brusseghem, le 18 novembre 1795 ; sa fiancée, Maria Catharina De Donder, est née au même endroit huit jours plus tôt. Ils sont tous deux cultivateurs, tous deux du village. Son père et sa mère l'accompagnent et consentent ; du côté d'elle il n'y a que sa mère, veuve depuis quatre mois. À la fin de l'acte, l'officier note que cinq des comparants ne savent pas écrire : les deux mariés, les deux parents du marié, la mère de la mariée. L'acte, traduit du néerlandais :

N° 1. Ce jourd'hui vingt-six avril mil huit cent vingt-sept, à trois heures de l'après-midi, devant Nous Nicolaus Bouman, assesseur spécialement délégué, officier de l'état civil de la commune de Brussegem, Ophem, Ossel, district de Bruxelles, a comparu :

PETRUS WALRAVENS, cultivateur, né à Ossel sous Brussegem le dix-huit novembre mil sept cent nonante-cinq, y demeurant, ayant produit le certificat prescrit par l'article deux cents de la loi sur la milice, en date du vingt-cinq avril dernier, fils majeur de JUDOCUS WALRAVENS, âgé de soixante et un ans, et d'ANNA CATHARINA VANDER VEKEN, époux, cultivateurs, demeurant à Ossel, tous deux présents et consentants, d'une part ;

et MARIA CATHARINA DE DONDER, cultivatrice, née à Ossel le dix novembre mil sept cent nonante-cinq, y demeurant, fille majeure de feu PETRUS DE DONDER, décédé à Ossel le treize décembre mil huit cent vingt-six, et d'ELISABETH STERCKX, sa veuve, cultivatrice, âgée de soixante-cinq ans, demeurant à Ossel, ici présente et consentante, d'autre part.

[Bans] les quinze et vingt-deux de ce mois d'avril. […]

Témoins : Adriaan Verdoodt, 30 ans, garde champêtre · Simon Van den Cruyce, 36 ans, cultivateur · Franciscus Junius, 49 ans, cultivateur — tous trois de Brussegem. « Lecture faite, nous avons signé avec les trois derniers témoins, le marié, son père et sa mère, la mariée et sa mère déclarant ne pouvoir écrire pour cause d'illettrisme. Approuvé la rature du mot anna, ligne à tenir pour nulle. »

En juin 1828, il a trente-deux ans. Cultivateur au hameau d'Ossel, il se présente à la maison communale de Brussegem pour annoncer la naissance d'une fille, née la veille à onze heures du matin. Il donne son nom, celui de sa femme, les prénoms de l'enfant — Anna Maria. L'un de ses deux témoins s'appelle Judocus Walravens : c'est son père, venu voir déclarer sa petite-fille. Puis tous les trois déclarent ne pas savoir écrire.

En septembre 1838, il a quarante-trois ans, et c'est une mort qu'il vient déclarer : celle de sa femme, Maria Catharina De Donder, éteinte l'après-midi même dans leur maison de Linthout. Il vient avec le meunier du hameau, qui a vingt-cinq ans et qui, lui, sait signer. Le registre note, une fois encore, que le premier comparant en est incapable.

En août 1854, il a cinquante-neuf ans et il fait le chemin jusqu'à Merchtem : sa fille, servante là-bas, épouse un domestique orphelin. Il est le seul parent vivant des deux côtés, et l'acte prend soin de le dire présent et consentant. Puis, avec les mariés, il déclare pour la troisième fois qu'il ne sait pas écrire.

Ce qu'un âge mal lu coûte

Son âge a failli le couper en deux. La première lecture de l'acte de 1828 lui donnait quarante-trois ans, ce qui l'aurait fait naître vers 1785 — dix ans avant la vérité, et en contradiction avec tout le reste. C'est l'acte de décès de sa femme, retrouvé plus tard, qui a obligé à rouvrir l'image et à relire le mot : il portait trente-trois, non quarante-trois.

Son acte de mariage a clos l'affaire en donnant la date elle-même : né le 18 novembre 1795. Trois âges relevés dans trois registres différents s'y accordent au chiffre près. Le conflit n'était pas dans les archives, il était dans nos yeux.

Sources