La petite histoire

Sosa 20 · Génération V · Les trisaïeuls · Branche Van de Winkel

Joannes Baptista Van de Winkel

1824 – 1882

Vérifié sur document

Dit « Jan Baptist » dans l'usage. Son acte de décès le vieillit de deux ans (59 ans au lieu de 57) : c'est son acte de naissance qui fait foi. Trois actes le disent illettré, comme son père avant lui et son fils après lui.

Naissance17 juin 1824, Asse
Décès9 avril 1882, Brussegem
ProfessionCultivateur
UnionAnna Maria Walravens — mariés le 19 août 1854, Merchtem
Sa parenté proche · voir dans l’arbre
JacobusVan de Winkel1791/1792 – 1831IsabellaVan Schuerbeeck1792/1793 – 1841
Joannes BaptistaVan de Winkel1824 – 1882Anna MariaWalravens1828 – 1896

Les pièces

Les documents d’archives rassemblés pour cette personne — cliquer pour ouvrir l’image en pleine taille.

Son acte de naissance, Asse, acte n° 79 de 1824.
Son acte de naissance, Asse, acte n° 79 de 1824.1824-06-17_acte-naissance-Asse-n79.jpg
1 — Son acte de mariage, Merchtem, acte n° 23 de 1854.
1 — Son acte de mariage, Merchtem, acte n° 23 de 1854.1854-08-19_acte-mariage-Van-de-Winckel-x-Walravens_n23.jpg
Son acte de décès, Brussegem, acte n° 19 de 1882.
Son acte de décès, Brussegem, acte n° 19 de 1882.1882-04-09_acte-deces-Brussegem-n19.jpg

Ce que les actes racontent

Trois actes pour un cultivateur

Jan Baptist Van de Winkel est de ces ancêtres qu'on a d'abord connus morts : l'acte de mariage de son fils, en 1897, le disait décédé à Brussegem le 9 avril 1882. De là, son acte de décès a été retrouvé — puis son acte de naissance. Sa vie tient désormais entre trois documents indépendants qui se confirment l'un l'autre, ce qui est le meilleur sort qu'un généalogiste puisse offrir.

Il naît à Asse le 17 juin 1824, à onze heures du soir, dans la quatrième section de la commune. Son père vient déclarer l'enfant le lendemain matin — et l'acte, dressé en néerlandais, note qu'il ne sait pas écrire. Traduit :

N° 79. L'an mil huit cent vingt-quatre, le dix-huit juin à dix heures du matin, a comparu devant Nous Jacobus VAN DE WINCKEL, âgé de trente-trois ans, ouvrier, demeurant à Asse en la quatrième section, lequel nous a présenté un enfant de sexe masculin, né hier le dix-sept juin à onze heures du soir, de lui déclarant et d'Isabella VAN SCHUERBEECK, son épouse, âgée de trente et un ans, née à Asse ; auquel il déclare vouloir donner les prénoms de JOANNES BAPTISTA. […] le père a déclaré ne savoir écrire.

Orphelin, puis domestique

Son père meurt à Asse le 12 janvier 1831 : il a six ans. Sa mère meurt le 11 septembre 1841 : il en a dix-sept. À trente ans, il n'est plus ouvrier ni cultivateur — il est domestique, en service à Merchtem, et logé à Saint-Josse-ten-Noode, aux portes de Bruxelles. C'est un homme sans terre et sans parents, qui travaille où l'on veut bien le prendre.

C'est là qu'il rencontre celle qu'il épouse. Anna Maria Walravens est servante à Merchtem elle aussi — née à Brussegem, orpheline de mère depuis ses dix ans. Ni l'un ni l'autre n'est de Merchtem ; ils s'y marient parce qu'ils y servent. Le 19 août 1854, à onze heures du matin, ils comparaissent devant l'échevin, avec quatre témoins du village : un aubergiste, un cultivateur, le secrétaire communal et un charpentier. Les trois premiers signent. Le quatrième témoin, le marié, la mariée et le père de la mariée déclarent tous les quatre ne pas savoir écrire.

Le seul parent présent est le père de l'épouse, venu de Brussegem donner son consentement. De son côté à lui, il n'y a personne : l'acte prend soin de préciser que ses grands-parents aussi sont morts.

D'Asse à Brussegem, une vie de terre

Après le mariage, le ménage s'installe à Brussegem, où il redevient cultivateur, au hameau de Vinthout. Leur fils Jan Frans y naît en 1863, neuf ans après les noces. Il y meurt le 9 avril 1882, à cinquante-sept ans.

Son acte de décès, d'ailleurs, lui en donnait cinquante-neuf. C'est l'acte de naissance qui tranche : les déclarants d'un décès arrondissent l'âge d'un mort, c'est une constante de ces registres, et l'une des raisons pour lesquelles on remonte toujours à l'acte le plus proche du fait.

Un détail de graphie raconte la migration mieux qu'un long discours : à Asse, les actes écrivent « Van de Winckel » ; à Brussegem puis Merchtem, Van de Winkel. Le C s'est perdu en chemin, entre deux villages distants d'une lieue. Les faire-part du XXᵉ siècle, eux, écriront Winkel — la famille avait choisi.

Sources