La petite histoire

Collatéral · fille de Joannes Franciscus Van de Winkel (sosa 10)

Anna Maria Van de Winkel

1890 – 1975

Vérifié sur document

Fille aînée du couple, née sept ans avant leur mariage et inscrite au nom de sa mère, qui n'a pas encore vingt et un ans et vit chez ses parents. Son père n'est pas nommé à l'acte ; c'est son grand-père maternel qui la présente, dans la maison où elle vient de naître, et qui déclare ne savoir signer. Le mariage de ses parents, en mai 1897, la reconnaît et la légitime : elle change de nom à sept ans, et le registre de 1890 en porte la trace, écrite en marge de son acte seize ans plus tard, puis reportée à la fin de la table de l'année sous son nouveau nom. L'acte de mariage citait son inscription sous un numéro qui n'était pas le sien — celui d'une autre petite fille née la même année d'une autre mère du même nom.

Naissance1ᵉʳ mars 1890, Merchtem
Décès1975
Sa parenté proche · voir dans l’arbre
Anna MariaVan de Winkel1890 – 1975

Les pièces

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0 — Son acte de naissance, Merchtem, acte n° 23 de 1890, avec sa mention marginale de légitimation.
0 — Son acte de naissance, Merchtem, acte n° 23 de 1890, avec sa mention marginale de légitimation.1890-03-01_acte-naissance-Merchtem_n23.jpg

Ce que les actes racontent

L'enfant qui a attendu sept ans son nom

Le 3 mars 1890, à neuf heures du matin, un cultivateur de cinquante-neuf ans se présente à la maison communale de Merchtem. Il vient déclarer qu'une fille est née l'avant-veille, chez lui, au lieu-dit Terlinden, quartier F numéro 53. La mère est sa propre fille : Joanna Philomena Thomas, vingt et un ans, cultivatrice. Le père n'est pas nommé.

L'enfant est donc inscrite sous le nom de sa mère — « Thomas Anna Maria » — et c'est le grand-père qui la présente, à sa place, dans sa maison. Il ne sait pas signer ; les deux témoins, deux rentiers du village, signent pour lui. L'acte, traduit du néerlandais, avec la mention que sa marge recevra seize ans plus tard :

ACTE DE NAISSANCE, N° 23. L'an mil huit cent nonante, le trois mars à neuf heures du matin, devant Nous Philippus De Donder, échevin délégué, officier de l'état civil de la commune de Merchtem […] a comparu en notre maison communale Cornelis THOMAS, âgé de cinquante-neuf ans, cultivateur, né et demeurant à Merchtem, qui nous a présenté un enfant de sexe féminin, qu'il a déclaré être né le premier mars à neuf heures du matin, de Joanna Philomena THOMAS, âgée de vingt et un ans, cultivatrice, demeurant et née à Merchtem ; lequel enfant le déclarant a déclaré être né en sa demeure ici, Terlinden quartier F numéro 53, et en sa présence, et auquel il donne les nom et prénoms de THOMAS ANNA MARIA.

Témoins : Petrus Jan Vercaeren, 50 ans, rentier, et Jean Baptiste Crabbe, 50 ans, rentier, tous deux de Merchtem. […] le déclarant déclarant ne pouvoir signer pour cause d'illettrisme — les témoins signent, le déclarant non.

[En marge, seize ans plus tard :] L'enfant inscrit ci-contre sous le n° 23, sous les nom et prénoms d'Anna Maria Thomas, a été reconnu et légitimé par acte de mariage contracté devant l'officier de la commune de Merchtem le 19 mai 1897, entre Jan Franciscus Vande Winckel et Joanna Philomena Thomas. Pour conforme. Le 6 juin 1906.

Sept ans plus tard, le 19 mai 1897, Joanna Philomena épouse Jan Frans Van de Winkel, et les époux déclarent en pleine séance que cette enfant est la leur : ils la reconnaissent et la légitiment. Elle change de nom à sept ans.

Neuf ans plus tard encore, en juin 1906, un greffier revient sur le registre de 1890 et écrit dans la marge de l'acte, à côté du nom de la petite fille, que l'enfant inscrite ici sous le numéro vingt-trois a été reconnue et légitimée par ce mariage. Puis il retourne à la table alphabétique de l'année et y ajoute, tout à la fin, hors de l'ordre des lettres, une ligne qui n'y était pas : « Vande Winckel Anne Marie — 23 ».

Ce que la marge corrige

Il y a une ironie dans cette marge. L'acte de mariage de 1897, en légitimant l'enfant, avait pris soin de citer son numéro d'inscription : cent quarante. C'était faux — il fallait lire vingt-trois. Le registre de 1890 porte bien un acte numéro cent quarante, mais c'est celui d'une autre petite fille, née en novembre, d'une autre Thomas, et légitimée dix ans plus tard par un autre mariage.

Deux filles Thomas, deux enfants nés hors mariage, le même grand-père venant les déclarer, la même année, dans le même village. C'est ainsi qu'on se trompe de famille — et c'est la main d'un greffier de 1906, revenant sur ses registres seize ans après, qui a remis les choses en place.

Sources