La petite histoire

Sosa 50 · Génération VI · Les quadrisaïeuls · Branche Warnant

Henri Joseph Brostaux

1802 – 1878

Vérifié sur document

Charretier à Lesve quand il s'y marie, le 30 juin 1821, à dix-huit ans : l'acte le dit fils mineur de Martin Joseph Brostaux et de « Marie Catherinne Toisoul », présents et consentants, et cite son acte de naissance (3). Cet acte a été retrouvé : il ouvre le registre des naissances de Lesve pour l'an XI, et le fait naître le premier vendémiaire an XI — le 23 septembre 1802, à trois heures du matin —, déclaré le lendemain par son père, qui signe (0). Journalier en 1829, quand il vient déclarer la naissance de sa fille Hortense ; cultivateur en 1843, quand il déclare la mort de sa femme, et encore en 1852 aux publications puis au mariage de cette fille, où il consent. Il signe quatre fois, de 1821 à 1852. Il meurt à Lesve le 11 septembre 1878 à cinq heures du soir, veuf, sans profession ; son fils « Martin », cultivateur de cinquante-six ans, vient le déclarer (4). Les âges qu'on lui donne ne s'accordent pas — dix-neuf ans en 1821, quarante-trois en 1843, septante-huit en 1878 : seul son acte de naissance tient debout. Inconnu de tous les arbres consultés jusqu'en 2026. L'officier qui dresse l'acte de 1829, Henri Brostaux, assesseur, signe séparément de lui : le magistrat de Lesve, échevin en 1826, est un homonyme, non lui-même — et ce n'est pas non plus son père, qui signe autrement.

Naissance23 septembre 1802, Lesve
Décès11 septembre 1878, Lesve
ProfessionCharretier · Journalier · Cultivateur
RésidenceLesve
UnionMarie Louise Demanet — mariés le 30 juin 1821, Lesve
Sa parenté proche · voir dans l’arbre
Henri JosephBrostaux1802 – 1878Marie LouiseDemanet1800 – 1843
Hortense JosepheBrostaux1829 – av. 1918

Les pièces

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Son acte de naissance — Lesve, 2 vendémiaire an XI, premier acte du registre
Son acte de naissance — Lesve, 2 vendémiaire an XI, premier acte du registre1802-09-23_acte-naissance.jpg
Son mariage avec Marie Louise Demanet, Lesve, 30 juin 1821 — les comparants et leurs parents
Son mariage avec Marie Louise Demanet, Lesve, 30 juin 1821 — les comparants et leurs parents1821-06-30_acte-mariage_p1.jpg
La suite du même acte : les actes de naissance lus, le consentement des pères, les témoins et les signatures
La suite du même acte : les actes de naissance lus, le consentement des pères, les témoins et les signatures1821-06-30_acte-mariage_p2.jpg
Son acte de décès, Lesve, 15 septembre 1878
Son acte de décès, Lesve, 15 septembre 18781878-09-11_acte-deces.jpg

Ce que les actes racontent

Le père de la mariée

Pendant longtemps, Hortense Brostaux n'avait pas de parents. On savait d'elle qu'elle était ménagère à Bois-de-Villers, illettrée, présente au mariage de son fils en 1881 — et rien avant. Les arbres en ligne s'arrêtaient là eux aussi.

Ce sont deux affiches de village qui l'ont donnée. Le 22 février 1852, puis de nouveau le 29, l'échevin de Lesve se transporte « au lieu ordinaire des publications » et annonce à voix haute qu'Alexandre Joseph Warnant, scieur de long, et Hortense Joseph Brostaux, sans profession, ont l'intention de se marier. Comme la loi l'exige, il nomme les quatre parents. Et voilà Henri Joseph Brostaux, cultivateur à Lesve — vivant, lui, quand sa femme ne l'est déjà plus.

Un détail avait donné envie de creuser. Vingt-six ans plus tôt, quand naît le futur mari, c'est un Henry Brostaux, échevin délégué, qui tient le registre de la commune. Le même homme ? L'acte de naissance d'Hortense, en 1829, a répondu : non. Ce jour-là, le père vient déclarer sa fille — il est journalier — et l'assesseur qui tient la plume s'appelle aussi Henry Brostaux. Deux signatures au bas de la page, deux mains. Notre Henri Joseph n'a jamais été le magistrat de Lesve ; il en était, sans doute, un parent.

Il a gravi un échelon, en revanche : journalier en 1829, il est cultivateur en 1843 quand il vient déclarer la mort de sa femme, et encore en 1852 au mariage de sa fille. Chaque fois, il signe.

Marié à dix-huit ans

Son propre mariage a fini par sortir du registre, et il donne enfin ses parents. Le 30 juin 1821, à neuf heures du soir, l'échevin de Lesve marie Henry Joseph Brostaux, charretier, et « Marie Joseph Louise Demanet », ménagère. Il est dit de dix-neuf ans, elle de vingt et un ; l'acte de naissance qu'on lit ce soir-là est daté du 2 vendémiaire an XI — le 24 septembre 1802. Il n'a donc pas encore dix-neuf ans, et c'est comme fils mineur qu'il se marie : son père doit consentir.

Ce père s'appelle Martin Joseph Brostaux, il est cultivateur, et il est là. En face, Adrien Demanet, scieur de long, donne son consentement pour sa fille. Les deux hommes ont amené leurs enfants et les marient le même soir. Au bas de la page, les témoins signent — un marchand de bois, un fondeur en fer, deux tisserands —, et le marié signe avec eux : henri Joseph Brostaux, d'une main déjà nette, à dix-huit ans. Son père signe aussi, plus lentement. Adrien Demanet et la mariée, eux, ont déclaré ne savoir écrire.

C'est là, dans cette dernière ligne, que se voit ce qui sépare les deux familles de ce mariage. Voici l'acte, rédigé en français par l'échevin :

L'an mil huit cent vingt-un, du mois de juin, le trentième jour, à ne[uf] heures du soir, par devant moi Ambroise Joseph DEMEUSE, échevin de la commune de Lesve délégué, faisant les fonctions d'officier public de [l'état civil], sont comparus Henry Joseph BROSTAUX, célibataire, âgé de dix-neuf ans, n[é à] Lesve province de Namur, profession de charretier, fils mineur de Martin Joseph BROSTAUX, cultivateur, et de Marie Catherinne TOISOUL, ménagère, l'un [et] l'autre domiciliés audit Lesve ;

Et Marie Joseph Louise DEMANET, célibataire, âgée de vingt-un ans, née audit Lesve, profession de ménagère, fille majeure d'Adrien DEMANET, scieur de long, et de Marie Louise WAUTELET, ménagère, l'un et l'autre domiciliés audit Lesve.

Lesquels m'ayant requis de procéder à la célébration du mariage projeté entre eux, j'ai d'abord fait lecture des pièces suivantes : De l'acte de naissance de Henry Joseph Brostaux constatant qu'il est né à Lesve le deux vendémiaire an onze de la République française ; De celle de Marie Joseph Louise Demanet constatant qu'elle est née à Lesve le dix mars mil huit cent ; De deux actes inscrits au registre des publications de mariage de ladite commune de Lesve constatant que ledit mariage y a été publié les dimanches dix-sept et vingt-quatre juin courant. Après cette lecture, Adrien Demanet et Martin Joseph Brostaux ont déclaré donner leur consentement au mariage de leurs enfants. […]

Le tout en présence de Joseph DEMEUSE, âgé de cinquante-six ans, marchand de bois ; de Jean Nicolas POCHET, âgé de quarante-deux ans, fondeur en fer ; de François COLLET, âgé de trente-cinq ans, tisserand ; d'Alexandre Joseph BORBOUSE, âgé de vingt-neuf ans, tisserand ; lesquels témoins domiciliés audit Lesve […] ont signé avec moi, à l'exception d'Adrien Demanet et de la future conjointe, qui ont déclaré ne savoir signer. — F. J. Collet · Alexandre Joseph Borbouse · henri Joseph Brostaux · J. N. Pochet · M: J: B Brostau[x] · P. J. Demeuse · A. J. Demeuse

Le premier du registre

L'acte qu'on a lu ce soir-là de 1821 existe toujours, et il tient la première page. Lesve rouvrait alors un état civil régulier : un registre neuf, imprimé, avec des lignes à remplir, ouvert pour l'an XI. En tête, sous les mots « premier feuillet », un seul nom — le sien.

Il est né le 1ᵉʳ vendémiaire an XI, à trois heures du matin, c'est-à-dire le 23 septembre 1802, le jour même où commençait l'année nouvelle du calendrier républicain. Son père vient le déclarer le lendemain et signe, en capitales appliquées, M: J: BROSTAUX — la même main qu'on retrouvera au mariage de son fils, dix-neuf ans plus tard, un peu plus lasse. La mère est nommée Marie Catherine Toisoul, et c'est cette forme-là qu'il faut retenir : en 1878, le petit-fils qui déclarera la mort du vieil homme l'appellera « Caroline », de mémoire.

PREMIER FEUILLET.Registre destiné à constater les Naissances, dans la commune de Lesves, pendant l'an XI. Mairie de Lesve, arrondissement communal de Namur.

Du deuxième jour du mois de Vendémiaire l'an XI de la République française, une et indivisible. Acte de naissance de henry Joseph BROSTAUX, né le jour d'hier à trois heures du matin, fils de Martin Joseph BROSTAUX et de Marie Catherine TOISOUL ; le sexe de l'enfant a été reconnu être masculin. Premier témoin Jean François COLLART, âgé de quarante-neuf ans, domicilié à Lesves ; second témoin henry Joseph BROSTAUX, âgé de vingt ans, domicilié audit Lesves, sur la réquisition à nous faite par ledit Martin Joseph Brostaux, et ont signé. — M: J: BROSTAUX · J. F. Colart Constaté suivant la loi, par moi, commune de Lesves — P. J. PARMENTIER, sous-maire faisant les fonctions d'officier public de l'état civil.

Restent les deux témoins. Le premier est un voisin de quarante-neuf ans, Jean François Collart. Le second s'appelle Henry Joseph Brostaux, il a vingt ans, et il habite Lesve — exactement le nom qu'on donne au nouveau-né. Les registres de ce village en comptent trois, et c'est peut-être lui qu'on retrouvera vingt-quatre ans plus tard tenant la plume de la commune, échevin puis assesseur, celui qu'on avait un moment pris pour notre homme. Ici, il n'est encore qu'un jeune parent dont on emprunte le prénom.

Le 11 septembre 1878

Il a survécu trente-cinq ans à sa femme, sans se remarier. Il meurt à Lesve un mercredi de septembre 1878, à cinq heures du soir ; l'acte, dressé quatre jours plus tard, le dit veuf de Louise Demanet, sans profession, âgé de septante-huit ans — trois de trop, si l'on en croit sa naissance.

Ce sont deux Brostaux qui viennent le déclarer : Martin, cultivateur de cinquante-six ans, qui dit être son fils, et Pierre, cordonnier, qui dit être son cousin. Le fils aîné porte le prénom du grand-père, et il est né vers 1822 — l'année qui suit le mariage. Hortense, elle, était arrivée sept ans plus tard. Tous deux signent.

Du quinzième jour du mois de septembre mil huit cent soixante-dix-huit, à sept heures du matin. Acte de décès de Henri BROSTAUX, veuf de Louise DEMANET, décédé le onze, à cinq heures du soir, profession néant, âgé de septante-huit ans, né à Lesve province de Namur, demeurant à Lesve, fils de feu Martin BROSTAUX, profession de scieur de long, domicilié en dernier lieu à Lesve, et de feue Caroline TOISOUL, profession de ménagère, domiciliée en dernier lieu à Lesve. Sur la déclaration faite par Martin BROSTAUX, âgé de cinquante-six ans, demeurant à Lesve, profession de cultivateur, qui a dit être fils du défunt, et par Pierre BROSTAUX, âgé de quarante ans, demeurant à Lesve, profession de cordonnier, qui a dit être cousin du défunt. Constaté suivant la loi par moi Lambert Joseph LEGROS, bourgmestre […] et après lecture faite aux déclarants ils ont signé avec moi. — Martin Brostaux · pierre brostaux · L. J. Legros

Sources