La petite histoire

Sosa 116 · Génération VII · Branche Defleur

Jean Baptiste Collard

~1764 – 1847

aussi écrit Colard (1808)

Vérifié sur document

Jean Baptiste Collard est laboureur à Ménil-Saint-Blaise, le village de sa femme, Marie Joseph Blocy ; en 1808, il y déclare lui-même la naissance de son fils Jacques Joseph et signe l’acte. En 1840, veuf et laboureur à Falmagne, il consent au mariage de ce fils mais ne signe pas, « parce qu’il a mal aux yeux ». Il meurt à Falmagne le 14 avril 1847. Ceux qui déclarent son décès le disent âgé de quatre-vingt-trois ans et né à Wiesme ; ses enfants ne savent le nom ni de son père ni de sa mère.

Naissancevers 1764, Wiesme
Décès14 avril 1847, Falmagne
ProfessionLaboureur
RésidenceMénil-Saint-Blaise · Falmagne
Sa parenté proche · voir dans l’arbre
inconnus
Jean BaptisteCollard~1764 – 1847Marie JosephBlocy~1770 – 1835

Les pièces

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Acte de décès de Jean Baptiste Collard, Falmagne, 15 avril 1847
Acte de décès de Jean Baptiste Collard, Falmagne, 15 avril 18471847-04-14_acte-deces.jpg

Ce que les actes racontent

L’homme qui savait écrire et ne savait pas d’où il venait

Jean Baptiste Collard est mort à Falmagne le 14 avril 1847, à six heures du soir, âgé de quatre-vingt-trois ans. Son fils aîné, qui porte le même prénom que lui, est allé le déclarer le lendemain matin avec un voisin. Ni l’un ni l’autre ne savait écrire.

Du quinzième jour du mois d'avril mil huit cent quarante-sept, à huit heures du matin. Acte de décès de Jean-Baptiste Collard, veuf de ——— décédé le quatorze courant à six heures du soir, sans profession, âgé de quatre-vingt-trois ans, né à Wiesme, province de Namur, demeurant à Falmagne. Fils de le nom du père est inconnu à tous ses enfants et autres parents, domicilié en dernier lieu à on ignore le lieu de son décès, et de le nom est inconnu aux enfants et autres parents, domiciliée en dernier lieu à inconnu. Sur la déclaration faite par Jean-Baptiste Collard, âgé de quarante-trois ans, demeurant à Falmagne, profession de manœuvre, qui a dit être le fils du défunt, et par Ignace Servais, âgé de quarante et un ans, demeurant à Falmagne, profession de journalier, qui a dit être le voisin du défunt. Constaté suivant la loi, par moi, Louis Perpète, bourgmestre faisant les fonctions d’officier public de l’état civil de la commune de Falmagne, et après lecture faite aux déclarants ils ont déclaré ne savoir écrire.

Le bourgmestre a rempli le formulaire jusqu’aux cases des parents, et là il s’est arrêté. À la place du nom du père, il a écrit une phrase : le nom est inconnu à tous ses enfants et autres parents. À la place de celui de la mère, la même chose. Où le père est mort, on l’ignore. Ces deux lignes sont tout ce qui reste d’une génération.

C’est d’autant plus étrange que cet homme-là savait écrire. Trente-neuf ans plus tôt, il avait signé de sa main l’acte de naissance de son fils, une signature posée, sans hésitation. Son fils ne signera jamais, ni celui qui déclare sa mort ; il faudra attendre sa petite-fille, Joséphine, pour revoir une signature de ce nom.

En 1840, au mariage de ce fils à Sommière, il est présent et consent, mais il ne signe pas : il « a déclaré ne savoir signer parce qu’il a mal aux yeux ».

L’acte de décès donne enfin ce qu’on cherchait depuis le début : il était né à Wiesme. Il n’était pas du village de sa femme, il y était venu, et personne autour de lui n’a su dire le nom de son père.

Sources