La petite histoire

Sosa 2 · Génération II · Les parents

Franz Louis Marie Heyvaert

1929 – 2017

aussi écrit Franciscus Ludovicus Maria (1992, et vingt-cinq ans plus tôt à Lesve)

Vérifié sur document

Ouvrier d'usine à Lesve, à la fin des années soixante — le seul métier attesté pour lui : aucun des deux certificats de succession n'en portait. Prénoms d'usage Franz Louis Marie : c'est ainsi que le nomment son faire-part et les deux certificats de succession, et c'est la forme retenue. Mais deux actes de l'état civil namurois — le mariage de son fils à Namur en 1992, et vingt-cinq ans plus tôt un acte de naissance de Lesve qu'il vient déclarer lui-même et qu'il signe — l'inscrivent « Franciscus Ludovicus Maria », la forme flamande de Merchtem, où il est né. Son père avait subi le même sort : Judocus Ludovicus à Merchtem, Louis toute sa vie en Wallonie. Les deux formes sont vraies ; celle d'usage l'emporte.

Naissance9 mars 1929, Merchtem
Décès4 août 2017, Fosses-la-Ville
Sépultureattesté, date inconnue, Lesve
ProfessionOuvrier d'usine
Sa parenté proche · voir dans l’arbre
LouisHeyvaert1903 – 1987LéontineVan de Winkel1903 – 1983
Franz Louis MarieHeyvaert1929 – 2017Angèle Adeline GhislaineWarnant1929 – 2024
BernardBéatriceDidier

Les pièces

Les documents d’archives rassemblés pour cette personne — cliquer pour ouvrir l’image en pleine taille.

Faire-part de décès officiel
Faire-part de décès officiel2017-08-04_faire-part-deces.png

Ce que les actes racontent

Le dernier-né du Brabant

Franz Heyvaert naît à Merchtem le 9 mars 1929, dans ce village du Brabant flamand où sa famille se mariait, naissait et mourait depuis au moins le XVIIIᵉ siècle. Il est l'un des onze enfants de Louis Heyvaert et de Léontine Van de Winkel. Quelque part dans son enfance — on ignore encore quand, et pourquoi —, la famille quitte le Brabant pour le pays namurois : d'abord Bois-de-Villers, au souvenir de la famille, où il rencontre Angèle Warnant, la fille de Lesve, le village d'à côté ; puis ses parents font un second saut vers Falisolle, dans la vallée de la Sambre. Franz grandit entre deux langues ; il fera sa vie en français.

Un prénom, deux administrations

Son état civil dit Franz Louis Marie — c'est la forme que portent, en toutes lettres, les documents officiels de sa succession, et c'est celle que retient cette généalogie.

Mais deux actes de l'état civil namurois, dressés dans deux communes différentes à vingt-cinq ans d'écart, écrivent ses prénoms tout autrement : « Franciscus Ludovicus Maria ». Dans le premier des deux, c'est lui-même qui comparaît, qui déclare et qui signe — la forme flamande n'est donc pas une lubie de greffier, c'est celle sous laquelle il donnait son nom complet.

L'hypothèse était posée depuis longtemps, sans preuve, et son père avait subi exactement le même sort : Louis est inscrit Judocus Ludovicus à Merchtem en 1903, et toute l'administration wallonne l'appellera Louis. La famille passe la frontière linguistique, et les prénoms la passent avec elle, traduits au passage. À ceci près que Franz, lui, a gardé les deux : le prénom d'usage pour la vie courante, celui du berceau pour l'état civil.

Son acte de naissance, que la loi ne rend pas encore librement consultable, dira un jour ce qui fut exactement inscrit à Merchtem en mars 1929. Le reste est désormais établi.

Le Louis de ses prénoms, lui, ne doit rien au hasard : c'est celui de son père, selon l'usage constant de cette famille de nommer les enfants d'après les aïeux.

Ouvrier d'usine

De son métier, les documents de succession ne disaient rien. Un acte de l'état civil de Lesve, à la fin des années soixante, le nomme enfin : ouvrier d'usine. Il a trente-huit ans. En une génération, la famille est passée des champs et des ateliers de Merchtem — journaliers, cultivateurs, tisserands — aux usines de la vallée de la Sambre, et lui vit à Lesve, dans le village de sa femme.

Le même acte lui donne trente-sept ans quand il en a trente-huit, et fait la même erreur d'un an sur son épouse, née la même année que lui. Les âges portés dans les actes se trompent d'un an depuis toujours ; on croyait que c'était un travers des registres anciens, où l'on comptait de mémoire. Il faut croire que non.

Le mur qui portait son nom

Chose étrange pour un homme mort récemment : pendant longtemps, aucun arbre généalogique en ligne — pas même ceux qui documentaient ses ancêtres sur cinq générations — ne portait la moindre date pour lui. Les généalogies s'arrêtaient à son père. C'est le faire-part de ses funérailles, puis les documents de sa succession, qui ont fourni les faits ; et c'est de sa fiche que tout cet arbre est reparti.

Monsieur Franz HEYVAERT, époux de Madame Angèle WARNANT, né à Merchtem le 9 mars 1929 et décédé à Fosses-la-Ville le 4 août 2017.

Ce que disent les documents de succession

Ils confirment le faire-part mot pour mot — naissance, décès, épouse — et ajoutent deux choses. D'abord qu'il est mort sans testament ni contrat de mariage : la succession la plus simple qui soit. Ensuite l'état civil complet de ses trois enfants, dont les seconds prénoms reprennent, deux par deux, ceux de leurs quatre grands-parents — Célestin, Louis, Léa, Léontine. L'usage des prénoms d'aïeux, attesté dans cette famille depuis 1903, aura donc tenu jusqu'à la génération présente ; et il relie les vivants, sans qu'ils y soient pour rien, aux maillons les plus anciens de cet arbre.

Lesve, en terre d'épouse

Il avait épousé Angèle Warnant, née la même année que lui, fille de Lesve. À sa mort, en août 2017, ses funérailles se tiennent à l'église Saint-Wilmar de Lesve et il est inhumé au cimetière du village — non pas dans sa terre natale brabançonne, mais dans celle de sa femme, où elle le rejoindra sept ans plus tard.

Son faire-part porte cette phrase, qu'on laisse conclure :

« Il s'est éteint comme il a vécu, dans le calme et la gentillesse. »

Sources